J’aurais pu bien sûr évoquer l’effet Coupe du monde sur la croissance, mais je m’abstiens pour 2 raisons : cet effet restera assez mineur et temporaire, et puis surtout on peut raconter beaucoup de choses mais on ne dispose d’aucune étude fouillée là-dessus.

Je vais quand même vous parler d’une bonne nouvelle, signe de dynamisme pour le pays, on reste cocardiers ce matin. C’est le nombre record de créations d’entreprises depuis un an. La hausse atteint 15%, et depuis le 1er janvier, on a compté 50.000 créations de plus que pour la même période de 2017. On n’avait pas connu une telle dynamique depuis l’invention des autoentrepreneurs, il y a 10 ans. 

Pourquoi ça repart après des années de stagnation ? Tout simplement parce que le gouvernement a envoyé un signal fort, l’automne dernier, en garantissant une année blanche de cotisation pour ceux qui se lancent. Sous François Hollande, c’était le zig-zag, des mesures tantôt favorables, tantôt restrictives.

Autre élément encourageant : le chiffre d’affaires de ces micro-entrepreneurs augmente, et ils restent plus longtemps dans ce régime. Bref, on est en train de passer un cap.

Mais en matière de droits sociaux, on reste loin du compte

C’est vrai et cette question, le gouvernement ne va pas pouvoir l’occulter, il avait promis une assurance chômage à tous les indépendants, mais finalement ce n’est pas le cas. Or, les créations d’entreprises dont on parle sont très nombreuses dans la livraison de repas par exemple, et ces travailleurs liés aux plateformes internet – comme Deliveroo - n’ont quasiment pas de protection sociale. 

Tout le problème de ces indépendants, c’est qu’ils sont en partie dépendants. Et qu’il faudrait sans doute un régime social intermédiaire entre le salariat et les vrais indépendants, comme les professions libérales.

Les députés de la majorité ont proposé un deal : la mise en place de chartes sociales par les plateformes en échange d’une garantie que leurs sous-traitants ne seront pas requalifiés comme salarié par le juge. Mais pour le collectif des livreurs, c’est un marché de dupes. Et le sujet va s’inviter demain à l’Élysée, où Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux pour fixer l’agenda des réformes. Ce dossier sera sur le haut de la pile.

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