Le dossier Alstom va connaître aujourd’hui une étape cruciale, avec le dépôt d’une alternative au projet de rachat présenté par General Electric…

Vous avez raison, c’est un moment clé, ce sont même huit jours clés qui s’ouvrent puisque normalement l’affaire devrait être bouclée d’ici lundi prochain. Où en est-on ? Depuis un mois et demi, il y a une offre de General Electric pour reprendre la branche énergie d’Alstom qui est trop faible ; pendant un mois et demi, le gouvernement - Arnaud Montebourg en fait - a attendu une contre-offre de Siemens pour bâtir un projet franco-allemand, un Airbus de l’énergie. Eh bien, ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que cette piste franco-allemande est morte née. Il y a une offre du japonais Mitsubishi à laquelle est associée Siemens. C’est la surprise du chef de ces derniers jours : Il n’y a pas de projet européen.

Un projet américain contre un projet japonais : c’est le choix à faire ?

Ce ne sont pas les mêmes. On en saura plus aujourd’hui parce que les patrons de Siemens et de Mitsubishi viennent en personne à Paris défendre leur projet. Dans le cas de General Electric, il y a un rachat pur et simple de la branche énergie – les turbines – pour 12,5 milliards de dollars, mais il y a aussi l’engagement d’installer des centres de décisions mondiaux ici et de créer 1.000 emplois. L’offre Mitsubishi – Siemens est différente. Le japonais rentrerait au capital d’Alstom avec l’Etat français et des joint-ventures seraient créés dans l’énergie. Siemens rachèterait les turbines à gaz d’Alstom, mais n’apporterait pas ses TGV. Bref, Alstom ne serait pas racheté au sens propre mais ses activités seraient éclatées. C’est un puzzle complexe.

Sans rentrer dans le détail, plusieurs évidences apparaissent...

Outre le fait qu’il n’y a plus de projet européen, oui. D’abord, le concours de beauté provoqué par Arnaud Montebourg a jusqu’à maintenant porté ses fruits. Il a obligé General Electric à améliorer son offre, et ce n’est pas fini. L’Américain parle désormais d’Alliance et pourrait proposer une co-entreprise dans les énergies renouvelables et même garder le nom Alstom. Deuxième point, l’Etat, avec son décret d’il y a un mois, a pris la main, mais s’il fait un bras d’honneur aux actionnaires d’Alstom, entreprise privée, cela va finir par être dangereux. Autre réflexion, un rachat n’est pas toujours une catastrophe, pensez à Renault qui a sauvé Nissan qui se porte bien maintenant. Mais au final, toute la question est de savoir si l’Elysée et Matignon sont sur la même longueur qu’Arnaud Montebourg. En clair, est-ce que l’opération Mitsubishi – Siemens, est un lièvre ou une vraie piste ? Jusqu’à ce week-end, on pensait que GE restait le favori. Est-ce encore le cas ? Politiquement, le gouvernement veut sauver Alstom comme Sarkozy avait sauvé Alstom en 2004. Mais attention à ce que pour sauver les apparences, on ne sacrifie pas le fond et le long terme. L’heure de vérité approche : demain à 9 h 40, dans l’agenda de François Hollande, il est simplement inscrit : réunion Alstom.

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