Qui sont les diplômés des grandes écoles françaises ?

La relative amélioration économique générale -on verra ce qu’elle deviendra après le conflit social et le Brexit si Brexit il y a- (cette amélioration) permet de dire que ça va aller (un peu) mieux pour les Français. Mais pour une catégorie très spécifique de jeunes, quand ça va mieux alors que ça va déjà bien, cela veut dire que ça va vraiment très bien. Ces jeunes, ce sont ceux formés dans les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs. On pense à Polytechnique, HEC, etc. mais il y a près de 200 dont sortent plusieurs dizaines de milliers d’élèves chaque année. Publiée hier, leur enquête annuelle sur l’accès à l’emploi marque une (je les cite) une embellie par rapport aux années précédentes. Six mois après leur diplôme, plus de 83% ont un emploi et la proportion progresse encore de dix points un an plus tard. Mieux, huit sur dix sont embauchés directement en contrat à durée indéterminée, en CDI. Inutile de rappeler que c'est une situation exceptionnelle.

Mais cette étude prend aussi le contre-pied de deux idées reçues.

La première est que beaucoup de ces jeunes fileraient à l’étranger, sous d’autres cieux, dès qu’ils auraient leur parchemin en poche. La France, bof, pas de perspectives, out ! Pas du tout, ils y restent. Seulement 13% d’entre eux commencent leur vie professionnelle à l’étranger. A suivre quelques années plus tard, mais ce n’est pas un raz de marée.

L’autre idée reçue ?

Là, c’est une nouvelle qui n’est pas excellente. La proportion de jeunes qui créent leur entreprise est bien plus faible que ce que l’on croit. Seulement 2% des ingénieurs qui viennent de terminer leurs études ou presque et 7 % des diplômés d'école de commerce se lancent, c'est très peu, trop peu.

Conclusion ?

Deux scandales. Le premier, à peine croyable : les jeunes femmes tout juste diplômées d'aujourd'hui sont moins payées que les garçons, jusqu’à 8%en moins dans les petites entreprises. Le second, très triste, contre lequel il faut lutter sans relâche et qui était au centre du téléphone sonne mardi soir : les déterminismes sociaux pèsent bien trop sur l'accès à ces écoles et les élites se reproduisent.

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