Iliad, la maison-mère de l’opérateur téléphonique Free a perdu 20 % en bourse hier. Que se passe-t-il ?

Il se passe que, pour Free, le roi est nu, et que, pour le marché des télécoms, c’est le trop plein. Le roi, c’est Xavier Niel, talentueux créateur d’entreprise qui a construit ses marges dans le téléphone fixe (ses boxs), et son succès marketing sur le mobile (ses fameux forfaits à 2 euros). 

Hier, on a appris que le nombre d’abonnés fixe a baissé pour la première fois depuis … toujours. Et les investisseurs se disent : où va Free ? 

- Depuis 2012, ils considèraient l’action Free comme une valeur de croissance sans percevoir de dividende, l'action montait sur un pari d'avenir (comme Amazon ou Tesla). 

- Mais à un moment, ils veulent quand même que cette action leur rapporte quelque chose - devienne ce qu’on appelle une valeur de rendement. Ce moment, c’est aujourd’hui. Donc, ils doutent ou n’y croient plus. 

Alors, allez-vous logiquement me demander Nicolas, pourquoi ces difficultés dans le fixe ? Eh bien, je vous réponds : parce que les clients veulent de la fibre, que Free manque d’argent pour investir, et les clients vont chez Orange qui a 63 % des câbles de la fibre. Pour les retenir, Free fait des promotions en pagaille, mais c’est une spirale. Du coup, Free remonte ses tarifs dans le mobile mais cela ne suffit pas. 

Bref, la fortune de Xavier Niel a fondu de 1,9 milliard d'euros hier mais attention : il a souvent montré sa capacité de rebond.

Qu’est-ce que cela dit du marché des télécoms ?

On l’a dit : c’est le trop plein. En tous cas, c’est la thèse défendue par tous les  acteurs qui répètent depuis des années que quatre opérateurs, c’est trop, trois ce serait mieux. A l’heure actuelle, Orange (le paquebot amiral) et Bouygues Télécoms (le challenger résilient) s’en tirent, le réseau SFR d’Altice (le paquebot contre-amiral) souffre, et Free (le trublion) traverse donc une mauvaise passe. 

En France, le choix a été fait par les pouvoirs publics de privilégier le pouvoir d’achat des clients via la concurrence. Est-ce au détriment de la viabilité de tous les acteurs et des investissements ? En partie, mais ce n’est pas si évident que cela. Il y a un retard dans le déploiement de la fibre mais on verra ce qu’il en est pour la 5G sur nos téléphones mobile (plus rapide que la 4G). Cette 5G sera généralisée l’an prochain en Corée et commencerait en France en 2020.

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