Ce matin : le Brésil, illustration des difficultés des grands pays émergents à confirmer leur miracle économique.

Le Brésil est le symbole des fragilités de ce qu’on appelle les BRIC. C’est-à-dire le quatuor Brésil, Russie, Inde et Chine, qui a connu une croissance spectaculaire depuis quinze ans. Cela fait un an maintenant que le Brésil est englué dans une crise politique et un scandale gigantesque de corruption qui ont mené plus de trois millions de personnes dans la rue dimanche. La présidente Dilma Roussef va -on l’a appris hier- rappeler dans son équipe son prédécesseur, Lula, pour rester au pouvoir. Ce qui permettra à Lula d’éloigner la justice qui le soupçonne de blanchiment d’argent. Mais après dix années de rêve, la douleur est tout autant économique. Le pays a connu l’an dernier une récession de 4% et on en attend autant cette année. Le pays s’appauvrit.

Les autres BRIC sont dans le même état.

Le PIB russe a reculé lui aussi sévèrement avec la baisse du prix des matières premières. En Chine, on ne parle pas de récession mais quand même de gros ralentissement. Seule l’Inde ne paraît pas atteinte : elle est peut-être trop rurale et moins avancée sur la voie du développement.

Quelles causes à ces coups de frein ?

D’abord rendez-vous compte : en quinze ans, les PIB des Bric avaient été multipliés par six (en moyenne). Les causes de cet atterrissage brutal depuis un an ? La Russie n’a rien développé en dehors du secteur des hydrocarbures –quand le pétrole plonge, elle est nue ; le Brésil a tout misé sur son industrie d’exportations agroalimentaires ; la Chine est devenue l’atelier du monde mais elle est moins compétitive aujourd’hui. Et dans les trois cas, le développement a fait une large place à la corruption. De toute façon ces économies allaient ralentir. Mais il est sûr que ces pays doivent construire quelque chose des nouveaux modèles économiques.

Un autre continent vit lui aussi mal la période actuelle.

Oui, l’Afrique. On a là aussi beaucoup parlé de miracle pendant des années, mais derrière les recettes pétrolières du Nigéria et de l’Angola, la réalité est moins belle. Si on écarte la croissance démographique rapide, la richesse par habitant (celle qui compte et qu’on ne regarde jamais) a ralenti sa progression. A tel point qu’après le miracle des Bric, on a envie de parler des difficultés des Brac – Brésil, Russie, Afrique et Chine.

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