C’est un moment important : les comptes de la Sécu se rapprochent enfin de l’équilibre.

On appris cela hier soir, le déficit de la Sécurité sociale (les retraites, les remboursements de soins, les prestations familiales), ce déficit s’est établi à 5 milliards l’an dernier, et  l’équilibre est visé pour cette année. 5 milliards, cela paraît encore énorme, c'est énorme, mais c’est tout bonnement le déficit le plus bas depuis quinze ans. En 2010, il avait atteint 28 milliards d’euros. Du chemin a donc été parcouru. 

Voilà, on arrête avec les chiffres. 

Qu’est ce que cela veut dire ? Cela veut dire que pour financer ces dépenses qui nous concernent tous, des dépenses qui augmentent logiquement, il faut de la croissance. Parce que cette croissance apporte des cotisations sociales supplémentaires et c’est ce qui se passe actuellement. 

A l'inverse, quand il n’y a pas de croissance, voire s'il y a la décroissance dont certains rêvent, cela creuse le déficit -cela, la plupart des gens s’en moquent- mais la conséquence est qu'il faut relever les impôts et/ou diminuer les prestations (les soins par exemple), geler les retraites etc. Et là, cela passe souvent assez mal dans l’opinion. Une population qui vieillit nécessite des dépenses sociales qui augmentent et elles doivent bien être financées par un moyen ou une autre.

Mais il y a d’autres facteurs que la croissance

Pour « tenir » les comptes de la Sécu, oui. L’effet financier du relèvement de 60 à 62 ans de l’âge minimal de départ à la retraite a par exemple été massif. Et c’est vrai surtout que, du côté des dépenses, les hôpitaux et le niveau des retraites ont été mis toutes ces dernières années sous une grande tension, avec des économies partout. Tous les personnels de soins en témoignent pour la santé, le débat (qu’évoquait Thomas Legrand il y a un instant) sur la répartition des efforts sur les personnes âgées ne dit pas autre chose. 

En vérité pourtant, réduire le déficit de la sécurité sociale à zéro ne nécessiterait pas beaucoup d’imagination : si les Français arrêtaient totalement de fumer, on économiserait des dizaines de milliards d’euros liés aux maladies du tabagisme. Et ne pensez pas que l’État gagne davantage de recettes avec les taxes sur le tabac ; non, au total il y perd. Alors ? Alors, à chacun de choisir.

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