Les Echos publient ce matin des informations sur les tarifs des TGV, qui seraient, eux aussi passés, à la grande vitesse !

C’est mon confrère Renaud Honoré qui a mis la main sur un rapport d’audit remis il y a quelques mois à la SNCF et au gouvernement, et resté dans un tiroir. Ce rapport du Boston Consulting Group (BCG), confirme globalement ce que disent les associations de consommateurs et ce que ressentent une bonne partie des clients, à savoir l’ampleur des hausses des tarifs du TGV. Entre 2002 et 2009, le prix des billets –par voyageur et par kilomètre– a grimpé de quasiment 24%, deux fois plus vite que la hausse des prix –avec un autre critère, la hausse est de 18%.

Cette flambée n’a cependant pas freiné l’appétit des Français puisque les TGV (hors Thalys et Eurostar) ont transporté quasiment 100 millions de passagers l’an dernier, plus que quelques années auparavant. Comment s’explique cette hausse des prix ? Les coûts : notamment les péages payés par la SNCF pour l’entretien des voies. Mais ce qui est intéressant est de voir comment la SNCF a réussi à augmenter ses tarifs sans faire trop de vagues. La réponse, c’est le yield management, la modulation des prix en fonction du taux de remplissage des trains. Inventé par le secteur aérien, ce système fait désormais fureur à la SNCF. Il explique pourquoi les clients ne savent souvent plus où ils en sont et pensent qu’acheter un billet relève de la loterie. Parce que les prix varient de un à deux en fonction de leur date d’achat (plus c’est tard, plus c’est cher) –même si c’est moins qu’à Air France (un à huit). La loterie parce qu’il existe 12 catégories de clientèle avec leurs tarifs particuliers, les seniors, les 12-25, les Familles nombreuses, etc.

Comment la SNCF se défend-elle ? L’entreprise conteste (mollement) en disant qu’il s’agit pas de la hausse du prix du billet mais de celle du "panier" moyen. Bref, qu’il y a plus de premières classes et de tarifs professionnels et que cela pousse le revenu moyen. Bon, cela veut dire qu’il y aura une bataille de chiffres. Au-delà, la SNCF martèle surtout que les trains français sont moins chers que les trains allemands et espagnols –ce qui est vrai. Enfin, les prix des billets de TGV seraient deux fois plus élevés s’il n’y avait pas de subvention pour la construction des lignes. Le client râle, le contribuable pourrait râler encore plus ! Mais cette étude tombe mal pour la SNCF qui milite –et a obtenu– d’avoir encore plus de libertés sur les prix. En échange, le gouvernement a imposé de multiplier les billets Prem’s.

Reste une question : une entreprise publique doit-elle gérer ses prix comme n’importe quelle entreprise privée ? Peut-elle varier ses prix comme les opérateurs téléphoniques, les autoroutes ou E-Bay ? Les avis sont partagés. Mais si l’objectif est d’améliorer les comptes, la SNCF n’a pas le choix ; et après tout, le train n’a pas forcément le même caractère de "service public de base" que l’eau ou l’électricité, au prix unique.

En revanche, il existe deux problèmes :

1/ Le premier est discuté : l’absence de concurrence

2/ Le second ne l’est pas : l’absence de transparence. L’idée d’indiquer sur Internet ou au guichet un prix de référence du trajet en train (la moitié des clients a payé plus cher, la moitié moins) avait été émise. Elle est séduisante.

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