Le G20 a pris cette nuit, à Antalya, en Turquie, des engagements qui concernent directement le financement du terrorisme.

C'est un point du communiqué publié par le sommet qui rassemble en ce moment les dirigeants des vingt plus importants pays de la planète ; sommet auquel François Hollande est représenté par Laurent Fabius et Michel Sapin. L'alinéa 6 de ce texte affirme leur détermination à tous à couper les circuits de financement du terrorisme, à améliorer les échanges d'informations, à geler les avoirs et à sanctionner les pays qui aideraient directement ou indirectement les terroristes. Dit comme cela, cela a l'air du blabla. Mais c'est en réalité un pas en avant qui était débattu depuis un an. C'est en février dernier, après les attentats de Charlie, que la France avait mis cela sur la table. Les nouveaux attentats lui donnent une résonance particulière. De quoi s'agit-il ? De deux choses différentes. Daech se finance en vendant du pétrole, des œuvres d'art volées, de la drogue etc. Il est compliqué de connaître les circuits par lesquels transite, par exemple, le pétrole. La Libye sans doute, la Turquie tout le monde en parle, qui fermerait les yeux sur la contrebande. Le fait que ce G20, en Turquie, fasse cette déclaration, et la possibilité que des pays se retrouvent sur une liste noire si des preuves existent qu'ils financent indirectement l’État islamique, est considérée comme une avancée. Mais, deuxième point, s'il faut repérer et bloquer les grosses sommes, il y a aussi les petites sommes. En France, ce n'est pas l'argent du pétrole qui avait financé les frères Kouachi, ils avaient organisé un trafic de baskets contrefaites ; quant à Amedy Coulibaly le meurtrier de l'Hyper Cacher, il avait pris un prêt à la consommation – 6.000 euros. Là, la piste, est de limiter au maximum les paiements en liquide pour que les banques repèrent ce qui est bizarre. Améliorer encore les croisements de fichiers, Tracfin à Bercy et les fiches S par exemple. Tout cela semble anecdotique, sisyphéen, décourageant, et c'est une montagne à soulever. Mais dans une guerre, chaque munition compte et l'opinion, et nous les médias, devons faire pression, être vigilants, pour que cela avance.

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