Les Français restent, hélas, au fond de la classe européenne pour leur compétence en anglais.

Oui, et il faut se demander pourquoi les Français, collectivement, ont du mal à s’exprimer, à avoir une conversation en anglais ou en américain. Hier, a été publié le classement 2016 d’Education First, une société de cours de langues qui teste chaque année 1 million de personnes en ligne. Les Français ont le 29e niveau mondial sur 70 pays évalués : on peut se dire que ce n’est pas mal ; en fait, non, car les Français sont au dernier rang européen. Plus à l’aise, il y a les Néerlandais, champions mondiaux, les Danois et les Suédois, mais aussi les Tchèques, les Hongrois et les Serbes. Même si il y a une progression dans le classement cette année, et même si le caractère scientifique de l’étude n’est pas total, on voit qu’il reste des progrès à faire. Une enquête officielle de la Commission de Bruxelles dit d’ailleurs la même chose.

Une explication ?

D’abord, l’anglais, le néerlandais, l’allemand, le danois… appartiennent à la même famille de langues germaniques. C’est plus difficile pour nous. Ensuite, le mauvais classement que l’on vient d’évoquer est une moyenne. Dans le détail, on s’aperçoit que les 18-20 ans s’en tirent mieux. Et la bonne nouvelle est qu’on peut penser que les classements vont spectaculairement s’améliorer les prochaines années. Pourquoi ? La France est le pays, avec l’Espagne et la Belgique francophone, qui double le plus les films anglo-saxons à la télévision, alors qu’ailleurs, ils sont soit sous-titrés, soit diffusés en anglais. Mais aujourd’hui, les séries américaines sont regardées, en streaming ou en téléchargement, en VO exclusivement. C’est un changement radical. Je ne veux dire que l’enseignement scolaire de l’anglais ne compte pas. Il devait être plus actif dans le primaire. Mais la motivation s’est renforcée dans la vie quotidienne des moins de 30 ans. Du coup, leur niveau est supérieur à ce qu’il était il y a quinze ans. Après le bac, on sait aussi que beaucoup de cours, dans les écoles par exemple, sont en anglais.

Donc, on peut être optimiste ?

Absolument. Et j’ose un pronostic : cela finira par se voir dans les chiffres du commerce extérieur dans la mesure où on peut penser que l’anglais bredouillant de générations entières ne l’a pas aidé.

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