Vous évoquez ce matin un mot qui refait surface, un mot qui fait peur, et ce mot c’est « subprime » …

Vous vous souvenez bien sûr de ce mot, les crédits subprimes, les crédits immobiliers pourris consentis à des ménages américains insolvables qui ont été la mèche de la crise financière de 2008, née sur le sol américain mais qui a fait tache d’huile dans le monde entier. L’inquiétude qui monte concerne cette fois-ci, toujours aux Etats-Unis, les subprimes autos – automobiles. La Réserve fédérale de New York vient de tirer la sonnette d’alarme et constate que les ménages américains continuent de s’endetter sans compter, comme il y a quinze ans. Si on cumule les prêts immobiliers, les prêts aux étudiants, les cartes de crédit et les prêts auto, leur endettement atteint 13.000 milliards de dollars. Peu importe le chiffre : l’important est que c’est un record, plus qu’en 2008. Le problème est qu’un quart des crédits auto sont consentis à des ménages non solvables, par les constructeurs auto ou les concessionnaires. Pourquoi est-ce possible ? Parce que ces acteurs-là ne sont pas soumis aux mêmes réglementations que les banques. Aie, cela rappelle quand même quelque chose.  

Est-ce vraiment inquiétant ? 

Pas d’affolement :le crédit auto n’a pas le même poids que le crédit immobilier dans le jeu de dominos. Et les crises empruntent rarement les mêmes chemins. Mais il y a une menace et on ne peut pas compter sur Donald Trump pour la lever avec une régulation. Au-delà, ce qui est intéressant est de voir comment, dès qu’une reprise semble solide comme aujourd’hui, nous cherchons d’où les nuages pourraient arriver parce que nous ne croyons pas au ciel durablement bleu et qu’effectivement, l’économie alterne toujours les phases bleues et grises. Cela a même été théorisé par Emmanuel Macron : agir vite pour que la France soit en meilleure posture quand des difficultés arriveront. C’est à la fois sage et déprimant. En réalité, des risques identifiés sont plus importants que les subprimes : une bulle chinoise ou, en Europe, la fragilité italienne -c’est l’obsession allemande actuelle ou un taux de chômage quu ne baisse pas en France (il a même monté au 3ème trimestre) . Il y a aussi les risques géopolitiques. Au total, la croissance mondiale est pour l’instant bonne, savourons, mais gardons un œil sur les petites ou grandes failles qui pointent le bout de leur nez.

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