Le Brexit voté en 2016 produira ses premiers effets concrets dans 40 jours. Les Britanniques souhaitent et ont besoin d'un accord. Boris Johnson ne veut pas apparaître mono-maniaque : il veut en finir avec les voitures thermiques dès 2030.

Le Brexit s’approche, nous sommes à minuit moins cinq, c'est le 1er janvier 2021 que le Brexit produira concrètement ses effets. Il reste donc une quarantaine de jours seulement pour trouver -ou non- un accord entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale – et cette semaine est importante. 

Au fond, depuis un an, les deux côtés de la Manche font chambre à part, mais ils vivent encore avec les règles de la vie en commun d’avant ; là, on s’approche du jugement de divorce et de la vie chacun de son côté. 

Alors, y aura-t-il un Deal ? Manifestement, Boris Johnson et les Britanniques le souhaitent, sinon ils auraient déjà claqué la porte au cours des 1.607 jours qui nous séparent du vote de 2016. Un accord, ils y ont intérêt : 47% des exportations britanniques vont vers le continent, contre 8% seulement des exportations européennes qui partent vers le Royaume-Uni. Et dans le projet d’accord, l’Europe est prête à ce qu’on reste sur le « zéro droit de douane ». Ca se regarde. 

Sans deal, 7.000 camions anglais seront bloqués en attente dès le 1er janvier pour passer la Manche. 

Il est certain aussi que nos voisins ne sont pas passés de l’ombre à la lumière depuis qu’ils ont fait un bras d’honneur à l’Europe. Londres est la capitale du pays le plus endeuillé par le coronavirus, et la situation économique y est mauvaise. Fin septembre, l’activité y était inférieure de 10% à son niveau d’avant l’épidémie, contre -4% en zone euro et en France. 

En pratique, il reste trois sujets de discussion : la pêche, la concurrence fiscale, et la surveillance d’un éventuel accord. 

Ces jours-ci, les Britanniques (y compris les journalistes) sont désarçonnés  de voir que si eux parlent beaucoup du Brexit, les Continentaux s’y intéressent plus mollement. C’est sans doute vexant. 

Boris Johnson est en tous cas un homme surprenant et la comparaison avec Donald Trump est trompeuse. Oui, ce sont tous les deux des grandes gueules. Mais Johnson a viré avant le week-end deux de ses très proches conseillers très ultras. Et selon le FT, il annoncera cette semaine que l’achat de voitures 100% essence ou diesel sera interdit dès 2030 au Royaume-Uni – en France c’est 2040. Evidemment, c’est très et plus facile, les Britanniques n’ont plus de constructeur automobile, mais Johnson se montre sur ce point progressiste.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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