Ce matin, vous avez décidé de prendre la défense du gouvernement.

C’est le moment ou jamais ! Le gouvernement, tout le monde l’attaque, les sondages sont calamiteux, François Hollande y est plus bas que jamais, des syndicats manifestent et des patrons sortent le carton jaune. Les Français râlent, l’UMP tape, le Front de gauche hurle et les Verts gesticulent. Bref, la situation est difficile. Mais le travail du commentateur, c’est aussi de prendre le contrepied, de ne pas céder au brouhaha dominant. C’est d’essayer le conseil du dernier livre du moine bouddhiste Matthieu Ricard sur la force de la bienveillance. Voyons donc la moitié pleine du verre, quitte à se forcer un peu.

Nous voici tout ouïe…

Hier, les députés ont adopté la réforme des retraites, qui va maintenant partir au Sénat. Cette réforme est très imparfaite, mais elle est faite ! La gauche, qui avait dit non quatre fois aux réformes de la droite, a pris cette fois ses responsabilités. La durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein passera de 41 années ¾ (réforme Fillon) à 43 ans d’ici 2035. On peut penser que cette réforme est a minima et fait la part trop belle aux prélèvements mais un cap psychologique et politique a été franchi.

Deuxième point : l’orientation de la politique économique.

Toujours hier, a commencé à l’Assemblée nationale la discussion sur le budget. Le virage est notable : dès la première minute de son discours, Pierre Moscovici, le ministre de Bercy, a fixé la ligne : le but du gouvernement, c’est la compétitivité des entreprises et l’investissement, parce que ce sont les entreprises qui créent les emplois. Ces mots ont dû écorcher les oreilles de la gauche du PS, mais ils sont clairs. Pendant des mois, le gouvernement appliquait la maxime d’un ancien banquier central américain qui disait : si vous avez compris ce que j’ai dit, c’est que je me suis mal exprimé ! Eh bien, maintenant, le gouvernement assume – et c’est une bonne nouvelle. Ce n’est pas tout. On n’entend pas, sur Alcatel, la même violence verbale contre les entreprises qui restructurent, comme cela avait été le cas sur Florange ou PSA.

Troisième sujet : les impôts.

Là, il faut beaucoup de bienveillance pour voir le verre à moitié plein derrière les flottements de la rentrée qui ont fait rimer pause (fiscale) et apothéose. Mais disons que le gouvernement a compris le message sur le trop de hausses d’impôts. La preuve : le taux de prélèvements aurait dû grimper l’an prochain à 46,5% du PIB (c’était prévu au printemps), il est désormais prévu à 46,1%. C’est mieux que si c’était pire ! A l’avenir, l’ajustement budgétaire passera par des économies. Tant mieux !

C’est très difficile, cette bienveillance ?

Les dernières semaines ont été ratées, on l’entend depuis un mois matin midi et soir parce que c’est vrai. Mais la nouvelle direction est meilleure. La question est de savoir ce qui va être fait à partir de maintenant. Dans un film -que vous allez essayer de deviner- Fabrice Luchini dit : « le pire n’est jamais décevant ». On ne sait pas très bien ce que ça veut dire mais peut-être qu’il y a toujours de l’espoir.

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