Vous aussi, vous avez écouté Emmanuel Macron. Il y a ce qu’il a dit et il y a ce qu’il n’a pas dit …

Il a évoqué ses projets sociaux, sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage. On a appris que le droit à l’indemnisation en cas de démission -une promesse de campagne- ne serait pas forcément utilisable tous les 5 ans mais, c’est à trancher, tous les 5, 6 ou 7 ans. Et qu'il faudrait un projet pour être actionnable. En revanche, il n’a pas évoqué (faute de temps) un projet sur lequel son gouvernement travaille -et qui fait la Une des Echos ce matin-, la surtaxation des contrats courts pour les entreprises qui en utilisent beaucoup. On parle des CDD, de l’intérim et de l’intermittence. C’est une idée débattue depuis longtemps et qui ne va pas plaire au patronat. Aujourd’hui, les entreprises paient une cotisation de 4,05 % du salaire à l’assurance-chômage. Demain, elle varierait de 2 à 10 % en fonction du comportement des entreprises sur l’emploi sur les trois dernières années. Souhaité par les syndicats, ce mécanisme est craint par les entreprises des secteurs qui fonctionnent, pour des raisons d’activité, avec des contrats courts - l’hôtellerie-restauration et l’événementiel par exemple. Mais ce dispositif de bonus-malus existe aux Etats-Unis et aussi en France, avec les cotisations sur les accidents du travail. Au fond, c’est le principe pollueur-payeur et c’est, politiquement, un message aux salariés après la phase 1, celle du message aux entreprises avec les ordonnances sur la flexibilité.

Ce n’est pas le seul signal...

Macron veut renforcer les liens entre les salariés et leurs entreprises. Il a évoqué une réforme de l’intéressement et de la participation (un sujet cher à la CFDT) ainsi -on l’a moins remarqué- qu’une modification de la définition de l’entreprise dans le code civil. Pour que le profit ne soit plus son seul objectif. Actuellement, l’article 1832 indique que c’est la volonté des propriétaires, les actionnaires, de partager les bénéfices ou les pertes de l’activité qu’elles créent. Peut-il y avoir d’autres objectifs, l’emploi, l’intérêt général, la préservation de la planète etc sans que cela soit un gadget ? C’est la question, intéressante. A noter : c’est un sujet cher à Nicolas Hulot que le président a longuement vu mercredi.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.