Le patron de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a été clairement poussé vers la sortie hier.

Pascal Pavageau, le numéro un de Force Ouvrière
Pascal Pavageau, le numéro un de Force Ouvrière © AFP

Oui, et on voit mal comment il pourrait rester. Il va essayer de résister, mais l’affaire incroyable du fichage de 126 responsables du syndicat va sauf retournement spectaculaire lui coûter son poste. 

L’alliance (pourtant assez baroque) entre les réformistes et les trotskistes de FO montre en effet à Pascal Pavageau le chemin de la porte. Cela s’appelle une révocation, à moins qu’il démissionne plus tôt. Notez au passage la parole assez inédite du patron de la CFDT, Laurent Berger, qui a demandé, hier, son départ chez nos confrères de France Info, afin (je le cite) de ne pas entacher l’image du syndicalisme. 

La réalité est que le départ forcé début 2015 de Thierry Le Paon, éphémère numéro un de la CGT après des révélations sur son train de vie fastueux aux frais de la princesse, ce départ avait déjà bien atteint, justement, l’image des syndicats. 

Pour autant, FO et la CGT, donc toutes deux touchées ces dernières années par des scandales, ne sont pas dans la ù$eùe situation. A la CGT, Philippe Martinez imprime une ligne de contestation dure anti-Macron et "anti-tout", mais il n’a pas varié. 

La ligne de FO est à l’inverse difficile à suivre, on l'a perdue, favorable à la négociation dans les derniers mois de Jean-Claude Mailly, puis ultraradicale avec Pavageau – qui avait humilié Mailly d’ailleurs. Une anecdote : il y a un mois, Pavageau (à la tête du 3ème syndicat français quand même) avait terminé son communiqué de réaction au plan pauvreté par l’Internationale : « Du passé il fait table rase, nous ne sommes rien soyons tout ». Cela tombait comme l’as de pique et c’était aussi étrange que sa passion pour les citations du Seigneur des anneaux ou la Cité de la peur. 

Par comparaison, la CFDT apparaît comme un pôle de stabilité ? Oui, elle gère ses successions de façon plus sereine et démocratique et suit sa pente réformiste sans être béni oui oui. Elle pourrait bien en tirer les bénéfices en devenant le premier syndicat de France secteur privé et public confondus en décembre après les élections dans la fonction publique. Une belle revanche. Cela se jouera à 10 ou 20.000 voix. 

Mais le plus frappant, dans ce paysage syndical est aussi ailleurs, c’est la quasi-disparition médiatique et politique de deux autres forces qui pesaient autrefois lourd, la CGC et la CFTC.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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