Les classes moyennes ont été les gagnantes de la politique fiscale et sociale du gouvernement depuis 2018, selon l'Institut des Politiques Publiques qui relativise l'avantage aux plus riches par rapport à ce qui était perçu jusqu'à maintenant.

La nouvelle évaluation des effets redistributifs de la politique fiscale du gouvernement
La nouvelle évaluation des effets redistributifs de la politique fiscale du gouvernement © Getty / Westend61

Une nouvelle évaluation des effets redistributifs de la politique fiscale du gouvernement est disponible et cette nouvelle évaluation, pour résumer à gros traits, conclut qu’Emmanuel Macron « président des riches » était une fake news, un procès d’intention aujourd'hui en partie démenti.

Comme chaque année, l’Institut des Politiques publiques, émanation de l’Ecole d’économie de Paris (proche de Daniel Cohen), a évalué les effets du Budget 2020 mais surtout de la quinzaine de mesures fiscales et sociales prises depuis 2018. Conclusion : ceux dont le pouvoir d’achat progresse le plus (+3%) sont les six Français sur dix qui composent la classe moyenne. Le gain est nul ou plus faible (de 0 à +2%) pour un petit quart des Français en bas de l’échelle des revenus, les plus pauvres. Pour les 20% les plus aisés enfin, le gain est de moins de 1%. Ce sont bien sûr les mesures prises après les "gilets jaunes" qui expliquent ce tableau. 

Mais le point qui retient donc l’attention, c’est le sort réservé aux plus riches, les 1% de ménages tout en haut de l’échelle. Rien à voir avec les "gilets jaunes". 

Et là, surprise, surprise

La même étude, l’an dernier avait indiqué que leur gain de pouvoir d’achat était de 6%. Cela avait fait de beaux graphiques scandalisés qui avaient utilisé la non moins belle courbe de l’éléphant de l’économiste Branton Milasovic, avec une trompe toute dressée vers le haut. 

En fait, après recalculs, pour ces hauts revenus, et il s’agit de ceux qui ont profité de la demi-suppression de l’ISF, le gain n’est « que de » 2%, moins que les classes moyennes. Ces ménages-là gagnent plus de 200 000 euros par an, l’effet Macron est pour eux de + 4 400 euros (pour certains, cela peut être nettement plus : pour les 0,1% de très hauts revenus, le gain de revenu disponible est de 4%, NDLR : ajout après remarque de Julia Cagé @cagejulia sur Twitter) mais en proportion ce ne sont plus les grands gagnants. 

Pourquoi ce changement de conclusion ? 

Parce que l’organisme qui a travaillé sur tout cela a eu accès aux données réelles du fisc et a découvert que l’ISF d’un certain nombre de Français très aisés était plafonné avant la réforme – et donc par définition la réforme de l’ISF leur a été moins bénéfique. Le plafonnement empêche qu’un contribuable paye en impôts plus de 75% de ses revenus. 

Au total, cet accès aux données, ce que l’on appelle l’open data, est une excellente chose s’il permet d’y voir plus clair et de dégonfler des fake news - toute la question étant de trouver un équilibre entre cette transparence nécessaire et le tout aussi nécessaire secret fiscal.

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