Après les retraites et le budget, le Gouvernement est en train d’arrêter des mesures sur l’Assurance maladie.

Je commence ce matin par un aveu : hier, j’ai dit une bêtise en assurant que les décisions de la rentrée étaient désormais toutes connues. Il restait effectivement celles concernant la sécurité sociale ! Les voilà et vous allez voir, ce n’est pas rien. Plusieurs d’entre elles devraient toucher directement aux portefeuilles des assurés sociaux. Je rappelle les trois principales : - le taux de remboursement d’un certain nombre de médicaments (vignettes bleues) passerait de 35% à 30% - le ticket modérateur à la charge des patients en cas de consultation de médecins, d’infirmières, de kinés, serait relevé de 0,5 point (traduction : là où la sécu rembourse 70%, elle en rembourserait demain 69,5% - les frais de transport ne seront plus systématiquement remboursés. Et puis, d’autres mesures, plus lourdes financièrement, font contribuer les mutuelles, les assureurs, les laboratoires pharmaceutiques et les cliniques. Ce sont des mesures qui vont faire du bruit parce qu’elles sont symboliques, très grand public et que, politiquement, toucher à l’Assurance maladie est toujours risqué. Dans la réalité, chacune des mesures n’est pas très dure. Sur une consultation à 22 euros, la différence est de 11 centimes. Une différence qui, pour la grande majorité des patients, ceux qui ont une complémentaire santé, sera pris en charge par leur mutuelle ou leur assureur. Sauf que, naturellement, lesdites mutuelles et lesdits assureurs auront envie d’augmenter leurs tarifs. Les Français dont la situation est la plus difficile et qui bénéficient de la CMU – Couverture Maladie Universelle -, et ils sont plusieurs millions, ne seront pas non plus concernés.

Il y a quand même une question : pourquoi le gouvernement prend ces décisions alors que la situation est déjà difficile sur les retraites ? Il met en avant l’éternel déficit de l’Assurance maladie. On entend beaucoup qu’une retraite sur dix n’est pas financée, un euro de soins sur douze ne l’est pas non plus. Le déficit 2010 dépassera les 11 milliards et même après les 2,6 milliards du plan en préparation, il restera au-delà. Faire payer à nos enfants nos boîtes de médicaments d’aujourd’hui, c’est baroque ! Une solution serait, bien sûr, de relever des prélèvements comme la CSG. C’est une piste. Mais la France est déjà le pays où le taux de prélèvement fiscal pour la santé est le plus élevé de tous les pays développés. La dépense de santé va continuer d’augmenter (parce que les matériels sont de plus en plus sophistiqués), mais il est difficile que ce soit sans limite. Alors, chaque année, ce sont des économies au fil de l’eau qui font bricolage, mais difficilement évitables. Cette année un peu plus parce que la crise a creusé les recettes. Mais sur le plan politique, Nicolas Sarkozy a vraiment décidé de se compliquer la rentrée ! Il a manifestement décidé de montrer qu’il agit jusqu’au bout, qu’il ne s’arrête pas deux ans avant la présidentielle parce qu’il reste persuadé qu’au final, les Français lui sauront gré d’avoir fait ce qu’il fallait même si cela est difficile. Ce n’est pas du masochisme, il est difficile de dire qu’en économie il y a de la démagogie, c’est juste un énorme énorme pari.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.