Le gouvernement l’assume désormais sans hésitation : il déploiera la 5G. Jusqu’à maintenant, il était discret ; mais maintenant que l’opposition sur le sujet est politique, il change de stratégie.

Le déploiement annoncé de la 5G en France suscite la fronde d'une partie de la population
Le déploiement annoncé de la 5G en France suscite la fronde d'une partie de la population © AFP / Nicolas Asfouri

Emmanuel Macron compare les écologistes à des Amish et renvoie à la lampe à huile. Son ministre du Numérique donne une interview musclée au Monde. Les grands corps de l’Etat balaient dans un rapport les arguments des antis. 

Le ton est à l’offensive sur un sujet où la France apparaît désormais en retard.

De fait, si on les prend un par un, les arguments techniques des anti-5G sont contestables. 

  • Un : ils ne voient pas l’utilité de grossir les tuyaux du trafic numérique. Les industriels en voient l’intérêt, et ce n’est pas de regarder des pornos dans l’ascenseur. A chaque fois depuis toujours, les technologies créent  de nouveaux usages et, par exemple, brider la vitesse des voitures à 20 km heure il y a un siècle aurait été stupide ; dire que le micro-ordinateur était suffisant il y a 30 ans, avant les mails, avant les échanges de vidéos, aurait été stupide. 
  • Deuxième argument : les antis disent que la 5G consommera beaucoup d’électricité. Outre que si elle est décarbonnée, cela n’est pas grave, un meilleur débit, avec le télétravail, économisera des voyages en avion et des milliards de litres de carburants. Le regard doit être global. 
  • Trois : les anti-5G craignent les effets néfastes pour la santé. Rien n’est jusqu’à maintenant allé dans ce sens. Bizarrement, le seul point technique qui fait douter n’est pas évoqué : la 5G est-elle techniquement au point, tient-elle ses promesses de débit et de latence ? Les utilisateurs Américains semblent déçus. 

Mais le vrai enjeu est ailleurs – et vous le savez bien. Les écologistes veulent envoyer le message qu’il faut bien commencer par quelque chose pour montrer qu’on ne peut pas pédaler à l’infini comme des hamsters en cage. Il faut renoncer à avoir toujours « plus » et la 5G est un bon levier. 

Ça, c’est un point philosophiquement et pratiquement juste, limiter le réchauffement aura des côtés punitifs et contraignants– c’est inévitable

Mais la téléphonie n’est pas un bon levier pour les raisons que l’on vient de voir. Beaucoup plus efficace serait un combat pour, par exemple, interdire les moteurs thermiques des voitures neuves avant 2040 (comme c'est prévu actuellement). 

En attendant, je vais finir par une facétie qui est une facilité : inviter tous les opposants à la 5G à fermer, tout de suite, sur leurs portables, les données cellulaires et le Wifi pour une semaine.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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