Aujourd’hui, vous voulez nous parler d’histoires de pirates. Ca se passe sur Internet et ça n’amuse pas du tout les producteurs de cinéma ou les artistes. Vous avez envie de voir le fim « Avengers « ? Ou « La guerre des boutons « ? Ou un spectacle de Gad Elmaleh ? Et vous n’avez plus un centime en poche ? il y a une solution à votre problème : c’est le site internet YouTube. Rien à voir avec une impasse coupe-gorge où l’on craint de se faire détrousser dès la nuit tombée, YouTube est une maison respectable. Plus de 800 millions d’internautes vont y faire un tour chaque mois pour regarder les vidéos mis en ligne par qui veut, et c’est une filiale du géant de la recherche sur Internet Google. Seulement voilà, ces dernières semaines, YouTube est aussi devenu le lieu de rendez-vous des pirates cinéphiles, depuis la fermeture par la police américaine d’un site qui lui était complètement illégal : Megaupload. Les professionnels français du cinéma ont beaucoup à y perdre, car la France a une vraie industrie du cinéma contrairement à la plupart des pays européens. Ils envisagent d’attaquer YouTube en justice si l’entreprise ne fait pas rapidement le ménage dans ses millions de vidéos. YouTube est-il coupable ? Alors ça, c’est difficile à dire. Juridiquement, la réponse est non : YouTube ne fabrique pas de contenus, il se contente de les héberger et il doit juste intervenir quand on lui signale un problème. En Allemagne, YouTube a tout de même été condamné par la justice à retirer des clips protégés par droits d'auteur. Au-delà, Youtube, c’est un peu docteur Jekyll et Mr Hyde. Le côté Mr Hyde, c’est que la firme a fait sauter peu à peu tous les verrous qui empêchaient les pirates de venir chez elle, et comme par hasard elle gagne de l’argent avec les publicités qui passent sur les pages Internet où figurent les vidéos illégales. Avant, il n'était pas possible de mettre sur le site des vidéos de plus de quinze minutes, et donc des films ? Maintenant ça l'est. Le site propose aux producteurs de cinéma, aux ayants-droits comme disent les juristes, un système qui permet de bloquer les vidéos illégales ? Ledit système est non seulement compliqué mais il vient de changer. De quoi décourager les victimes des pirates. Et le côté Docteur Jekyll ? Dans beaucoup de cas, YouTube ne fait que des heureux. Il y a bien sûr tous ceux qui peuvent regarder des vidéo gratis. Et puis aussi les autres. La meilleure illustration est le palmarès des vidéos les plus regardées dans le monde. Numéro un, un clip de Justin Bieber, le chanteur ado star des préados qui regardent ses oeuvres en boucle : 769 millions de téléchargements. Numéro deux : un clip de la bomba latina Jennifer Lopez. Dans ces deux cas, les intéressés et leur maison de production font leur promotion pour pas cher. Le numéro septt, et numéro un amateur, est une vidéo de 56 secondes que je vous recommande ; elle montre un petit garçon d'un an mordant le pouce de son frère ainé. 472 millions de spectateurs mordus, si j'ose dire. L'auteur, c'est-à-dire le papa anglais des deux bambins, ayant reçu une partie des recettes publicitaires engrangées par YouTube sur la page Internet qui proposait l'accès à ce monument du septième art, il a eu assez d'argent pour pouvoir s'acheter une maison. On est là dans une situation gagnant-gagnant.Docteur Jekyll et Mister Hyde, ça finissait très mal... Y a-t-il une solution plus heureuse ? Oui, certainement, mais on ne l'a pas encore trouvé. Ce n'est pas un cas unique. Internet a aussi bouleversé la musique, l'argent qui venait autrefois de la vente de disques vient maintenant d'abord des concerts.Le même modèle pour la vidéo, ça voudrait dire le financement du cinéma et des séries télé par le spectacle vivant, c'est-à-dire le théâtre. Ca ne va pas le faire. Il faudra donc trouver autre chose.

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