Le sujet économique du jour est vraiment de saison : c’est la moisson de blé, qui bat des records

On serait tenté de dire : enfin une bonne nouvelle pour une filière agricole française. Tandis que sur les fronts du porc et du lait la guerre de positions se prolonge, le blé apporte des raisons d’espérer aux professionnels de l’agro-business. France Agrimer (l’établissement public des produits de l’agriculture et de la mer ) a publié à l’orée du week-end ses chiffres sur la moisson 2015. Et la production de blé tendre bat tous les records cette année. Elle dépasse pour la première fois les 40 millions de tonnes, ce qui conforte la place de la France comme quatrième producteur mondial de blé. Performance dans la performance : ce résultat est le fruit à la fois d’une hausse des surfaces cultivées et de très bons rendements. Vrai soulagement pour la filière, car en début d’été les températures caniculaires avaient suscité des craintes pour la qualité de la récolte. Mais les céréaliers ont su gérer cet aléa. Comme quoi le pire n’est jamais sûr, même dans l’agriculture actuelle.

Il reste à écouler cette récolte. On voit pour d’autres productions à quel point la commercialisation est difficile ? Qu’est-ce qui s’annonce pour le blé ?

Vous avez raison, tout aujourd’hui nous rappelle que les volumes ne font plus tout dans l’agriculture, surtout avec l’internationalisation des marchés. Pour ce blé tendre aussi, il faut surveiller de près la concurrence notamment la Russie et l’Ukraine : leurs récoltes sont aussi abondantes et elles ont l’avantage de la faiblesse de leur devise, toujours un « plus « à l’export. Mais tout de même, et sans céder à un excès d’optimisme, pour les céréaliers français les planètes pourraient bien s’aligner : non seulement la production est au top quantitativement, mais la qualité donc est aux meilleurs standards, et en plus l’euro lui aussi a baissé et peut donner un coup de « boost » à l’international.

Pour rester dans ce registre positif, d’autres récoltes céréalières ont tenu leurs promesses : le blé dur, l’orge, le colza… La seule ombre au tableau concerne le maïs. Il subit de plein fouet l’impact de la sécheresse, et d’une chute des cours à l’échelon mondial

Mauvaises nouvelles, donc, pour le maïs. Quelles sont les menaces pour ce secteur ?

D’abord la récolte elle-même. Le rendez-vous est fin septembre mais vu l’état des cultures avec le manque d’eau, elle ne devrait pas dépasser 13 millions de tonnes, c’est 25 % de moins qu’en 2014. Le seul amortisseur pour telle chute de volumes, ce serait une hausse des cours. Hélas, ils sont bas et devraient le rester, car l’offre devrait être soutenue par la bonne récolte prévue aux Etats-Unis, premier producteur mondial.

Le résultat ? Un analyste nous l’a résumé de façon très « cash » : « avec une telle récolte, il ne faut même pas espérer exporter en Europe cette année. La tonne de maïs brésilien sera 30 euros moins cher que celle venant de France à l’arrivée dans les ports espagnols. »

Décidément, de plus en plus difficile d’échapper à la mondialisation dans l’agriculture intensive française.

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