Les cinémas américains connaissent leur pire été depuis dix ans, avec un chiffre d’affaires en chute de 13%. Comment expliquer cette très mauvaise performance ?

Trop de suites (comme Pirates des Caraïbes) qui lassent les spectateurs, fiasco de "Valerian", salles désertées... l'été n'est pas bénéfique pour Hollywood
Trop de suites (comme Pirates des Caraïbes) qui lassent les spectateurs, fiasco de "Valerian", salles désertées... l'été n'est pas bénéfique pour Hollywood © AFP / OE KLAMAR

D’abord par un casting décevant. A la différence de la France, l’été, est une période cruciale aux Etats-Unis pour l’industrie du cinéma, car il y a beaucoup de sorties de films. Mais justement, les dernières créations ne sont pas bonnes, les producteurs abusent de suites, comme pour Pirate des Caraïbes, et le public se lasse. Assassiné par la critique, le Valerian de Luc Besson a aussi été un fiasco. Au-delà, il y a la montée en puissance des séries, comme Game of Thrones, diffusée sur la chaîne HBO, et dont les audiences sont impressionnantes. De son côté, le leader de la vidéo par abonnement, Netflix, sort des films simultanément en salle et en streaming. Voire ne projette plus du tout les films sur grand écran. Un modèle intenable pour les exploitants en salle, dont les actions en bourse s’effondrent.

Faut-il craindre un déclin inéluctable du cinéma face à ces géants de la vidéo ?

Ce scénario est loin d’être écrit. L’idée de sortir un film en vidéo au lieu de le faire en salle a déjà été tentée dans les années 90, cela n’avait pas vraiment marché. Et au-delà de cet été pourri, le nombre d’entrées aux Etats-Unis reste à un niveau assez stable. Historiquement, le point bas a en fait été atteint en 1986, avec 1 milliard d’entrées en salle de cinéma, contre près de 5 milliards en 1946, avant la concurrence de la télé. On est remonté depuis à 1,3 milliard d’entrées. Et le rebond a été bien plus fort en France : presque deux fois plus de tickets ont été vendus en 2016 que 25 ans plus tôt ! L’Hexagone truste ainsi la première place en Europe.

Quels sont les ingrédients de ce succès français ?

La France dispose du plus grand parc en Europe, 2.000 cinémas - 5.700 salles, et la numérisation est achevée. On a donc des écrans de qualité, et de proximité. Et puis, la production est largement soutenue par l’Etat et les chaînes télé. D’où la richesse de l’offre. La France n’est pas un cas isolé : l’an dernier, la fréquentation des salles de cinéma a atteint son plus haut niveau depuis 2004 dans l’Union européenne. La Chine est quant à elle passée en 10 ans de 150 millions d’entrées par an à plus d’un milliard. Hollywood peut encore voir venir.

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