Dernier exercice de chiffrage des programmes par l’Institut Montaigne : aujourd’hui, celui de Nicolas Sarkozy.

Le think tank libéral a vérifié les additions du candidat-président. Avant de revenir sur l’utilité et les limites de l’exercice, quel est le résultat ? Selon Montaigne, qui a des taupes à Bercy, Nicolas Sarkozy a lui aussi minoré les dépenses et surestimé les recettes de son projet. Il est fastidieux d’aligner les milliards sur toutes les mesures annoncées. Disons qu’il y a des corrections sur certaines baisses d’impôt - par exemple les droits de mutation pour l’achat immobilier (les frais de notaire) ; et des corrections aussi sur les économies qui seraient obtenues par exemple avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Au total, l’écart entre chiffrages UMP et Montaigne tourne autour de 12 milliards, 20% du total.

Nicolas Sarkozy plus ou moins crédible que François Hollande avec cette règle à calcul ?

Il y a quelques semaines, l’écart du côté socialiste tournait autour de 5 milliards – donc moins. Il s’agissait de mesures non publiques mais intégrées dans les calculs, comme la fin, sur les feuilles de paie, de la baisse des cotisations sociales sur les heures sup dans les PME. Mais, depuis, des dépenses ont été rajoutées. En réalité, la comparaison purement comptable est difficile. Du côté socialiste, il y a nettement plus de hausses d’impôt assumées, plus faciles à évaluer. Du côté de Nicolas Sarkozy, il y a plus de réformes et d’économies (40 milliards), dont l’évaluation prête à débat. Comment imposer le 1 sur 2 aux collectivités de plus de 30.000 habitants ? La conclusion est que sur des programmes qui avoisinent chacun cent milliards d’euros, la transparence a fait un grand pas.

Le bilan de cet exercice de chiffrage est donc bon ?

Oui. On évite le n’importe quoi de certaines campagnes. On a vu que les propositions les plus radicales des candidats extrêmes ont des incidences financières considérables. Les candidats des partis de gouvernement, eux, ont été contraints de dire comment ils vont revenir dans les clous sur les déficits publics, 3% du PIB en 2013, puis l’équilibre. C’est plus ou moins crédible, cela dépend d’hypothèses de croissance plus ou moins sérieuses, mais le travail fait d’habitude après l’élection s’est fait cette fois-ci en partie avant.

Mais on voit évidemment aussi les limites de l’exercice…

La politique, ce ne sont pas seulement des chiffres, c’est une orientation, une volonté. La réforme ce sont aussi des décisions qui ne coûteront rien ou ne rapporteront rien tout de suite : un climat mais aussi des simplifications, des barrières levées, des professions qui s’ouvrent, l’accès négocié aux marchés japonais et chinois, des formations universitaires mieux branchés sur le marché de l’emploi et tant d’autres. C’est ce qu’essaie de mettre en œuvre Mario Monti en Italie, ce dont on parle peu ici. Ce qui compte, ce n’est pas seulement ce qui se compte, même si cela compte !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.