Le Prix du "stratège de l’année" des Echos a été remis hier au patron de l’entreprise Plastic Omnium, et vous avez décidé de nous en parler…

Je sais que c’est assez risqué ; un édito éco qui parle d’une entreprise en particulier et non de la politique économique en général, c’est risqué ; et cela l’est encore plus si l’on évoque une entreprise qui n’est pas forcément connue. Donc, je dis aux auditeurs : cela vous concerne ! Parce que cette entreprise, qui n’appartient pas au CAC 40, est une success-story comme il en faudrait plus, qu’elle prouve que l’on peut réussir en France et que ses produits parlent à tout le monde. Plastic Omnium est équipementier automobile dont le chiffre d’affaires et les bénéfices ont grimpé de 13-14% l’an dernier. Le groupe compte 21.000 salariés dont 5.000 en France et une centaine d’usines dans le monde. Voilà pour les chiffres.

Quels sont ses produits ?

Au début, l’entreprise était spécialisée dans la gestion des déchets ; elle fabrique toujours les grosses poubelles en plastiques verts, jaunes ou oranges ramassées par les éboueurs aux quatre coins de France. Mais le groupe s’est ensuite diversifié en misant à fond sur le développement du plastique dans l’automobile. Il y a soixante ans, il y avait dix grammes de plastique dans une voiture, aujourd’hui 150 kgs, pour avoir des véhicules plus légers qui consomment moins. Plastic Omnium est devenu le numéro un mondial des pièces de carrosserie et des réservoirs. Il travaille pour tous les constructeurs de la planète, les français, Toyota, Audi, Mercedes etc.

Quelles sont les recettes de ce succès ?

D’abord, comme SEB ou Bic, il a su faire de la mondialisation une force, en s’implantant partout, il ne l’a pas subie comme une menace. Il a gagné des clients, il n’en a pas perdu. Il aura bientôt douze usines en Chine. Ensuite, le choix a été fait d’être une entreprise familiale et de le rester. C’est un groupe à part qui n’a connu que trois dirigeants en soixante ans, tous issus de la même famille, la famille Burelle, qui contrôle la majorité du capital. Et puis l’entreprise a toujours innové.

Elle a toujours innové dans le plastique ?

Je vous sens sceptique. Le plastique pur est remplacé par des composites dans les pièces détachées, le pare-chocs de la 208 est en plastique recyclé ; des bacs à ordures sont fabriqués à partir de canne à sucre ! Autre exemple : l’entreprise est très en pointe sur l’avancée technologique qui permet d’utiliser de l’urée stockée dans des petits réservoirs pour éliminer la quasi-totalité des oxydes d’azote des véhicules diesel. Des Audi, des GM en sont déjà équipées et c’est un marché énorme.

Que dit le patron de Plastic Omnium sur la France ?

Il dit que les entreprises ont « la gagne » (son expression) sur leurs affaires mais qu’elles sont démoralisés. Il avait prévu un paquet cadeau avec ruban pour Pierre Moscovici qui devait lui remettre son prix devant le gotha parisien : les 3.350 pages du Code du travail, contre 800 pages en Allemagne. Mais Pierre Moscovici a été contraint de s’annuler au dernier moment.

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