Environ 40 millions de Français reçoivent ces jours-ci leur déclaration de revenus.

Oui, et la nouveauté est que nous devons tous, maintenant, faire un choix en vue de la mise en place, le 1er janvier 2019, de la retenue à la source de cet impôt. Le choix du taux de prélèvement qui sera appliqué à nos revenus, par exemple aux salaires versés par l’employeur. Normalement, la retenue à la source est une affaire purement technique mais elle est en train de passionner et de diviser les Français, qui ont des avis souvent opposés : radicalement pour ou contre. 

- L’argument en faveur de cette réforme est connu : rendre contemporain la perception des revenus et leur imposition, pour éviter les coups d’accordéon quand il y a un chômage, un passage en retraite ou une rentrée importance d’argent. C'est vrai, ce n’est pas négligeable. Bercy ajoute un autre argument : la quasi-totalité des pays dans le monde -sauf la Suisse et Singapour- prélèvent l’impôt à la source. Là où c’est encore vrai, c’est qu’il faut se méfier du conservatisme qui fait toujours craindre le pire. Souvenez-vous du passage à l’an 2000 ou à l’euro : cela devait être des catastrophes. Et en fait non. 

- Néanmoins, le problème est que l’impôt sur le revenu français est si complexe que le risque de bug est franchement réel, avec les réductions d’impôts, les revenus exceptionnels qui devront être pris en compte a posteriori. Notre impôt n’est ni universel (tout le monde ne le paie pas) ni individuel (il est conjugal et familial), ce qui fait que la répartition du prélèvement au sein d'un ménage par exemple ne va pas être simple. Sans compter le coût pour les entreprises et la question de la confidentialité des revenus.

Mais tout cela n’est pas forcément le plus important...

Non, le point intéressant sera je crois de voir l’ampleur du choc psychologique chez les contribuables dont le revenu viré sur leur compte en banque va diminuer d’un coup, parfois très peu bien sûr, mais parfois beaucoup. Objectivement, cela ne changera rien, l'argent disponible sera le même pour ceux dont l'impôt est aujourd'hui prélevé chaque mois par le fisc. Mais chacun va pouvoir vérifier l’écart entre son revenu brut, voire super-brut avec les cotisations patronales quand elles sont affichées, et le revenu net net. L’ampleur des prélèvements fiscaux va être mesurée, comme la redistribution fiscale. 

On peut s’attendre à un choc et des surprises.

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