Ce matin, vous évoquez d’ores-et-déjà le séminaire gouvernemental prévu demain sur la réforme de l’Etat. La RGPP est morte, vive la MAP ?

Exactement. Jean-Marc Ayrault réunira à 9 heures 30 ses ministres pour la dernière fois de l’année pour les faire plancher sur la réforme de l’Etat. L’idée du Premier ministre est de remplacer la RGPP, la Revue générale des politiques publiques de Sarkozy, par la MAP, la Modernisation de l’action publique, donc une RGPP de gauche. L’idée est de ne pas avoir une approche financière, d’être moins brutal, de viser l’efficience - en langage technocratique. Mais c’est quand même - il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt - de lancer un processus qui permettra de trouver des économies bien nécessaires parce qu’il y a ces dernières semaines pas mal de dépenses non financées.

Quelles économies, vous avez une petite idée ?

Oui. Mon confrère des Echos Etienne Lefebvre a mis la main sur le projet de conclusions de la réunion de demain... Si ce document de 31 pages est suivi, Jean-Marc Ayrault annoncera des nouvelles mesures de simplification des démarches administratives et de simplification des normes. Mais aussi un programme d’évaluation des actions de l’Etat, de la Sécu et des collectivités locales dans quelques domaines. Dès janvier, seront par exemple regardées les aides de toutes sortes aux entreprises, au logement, la politique familiale, la politique de l’eau – d’autres encore. La vague suivante démarrera en avril. Donc, il faudra attendre pour les annonces concrètes, mais voilà les domaines prioritaires d’économies.

Mais est-ce que le gouvernement a très envie d’aller dans la direction des économies ?

C’est une question. Pour l’instant, on en a peu vu. Un jour, on entend parler de 60 milliards d’économies, un autre de 10 milliards, et on nous susurre que tout peut se faire sans que cela fasse de bobo à quiconque ! Pierre Moscovici, ministre des Finances, promettait hier dans le JDD d’être aussi ambitieux que le Canada ou la Suède. Deux pays qui ont baissé leurs dépenses publiques de dizaines de milliards d’euros. Mais la majorité des ministres ne sont pas du tout fana de cela. Quant à François Hollande, il assure en privé qu’il est normal que la France ait plus de dépenses publiques que les autres pays, puisqu’elle a plus de jeunes et plus de vieux. Les dépenses publiques se sont élevées à 1.120 milliards d’euros en 2011.

La gauche est-elle mieux placée que la droite pour tenir les dépenses ?

Peut-être. Nicolas Sarkozy clamait que ce sujet l’ennuyait. Et il en a moins fait qu’il ne s’en vantait. La gauche peut mieux faire comprendre aux fonctionnaires les contraintes financières. Mais à condition de dire les choses : or, sur les 31 pages du document préparatoire à la réunion de demain, vous n’allez pas me croire, mais le mot économies n’est pas écrit une seule fois. On guettera demain avec intérêt – et on invite les auditeurs à le faire- s’il est prononcé !

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