On parle avec vous ce matin de la crise russe sous un angle précis : en quoi nous concerne-t-elle, nous en France ?

On le rappelle : la crise russe, c’est le rouble qui a dégringolé comme jamais, malgré le relèvement -sous la panique- des taux directeurs de la banque centrale, jusqu’à … 17%. La crise russe, c’est le pronostic officiel d’une récession de près de 6% l’an prochain. Si le prix du pétrole, qui est la clé de voute de l’économie, reste au niveau où il est - c’est-à-dire bas. Bref, c’est la catastrophe. Quelle conséquence pour nous ? Au risque d’étonner, sur le papier, il n’y a pas de raison de s’affoler.

Pourquoi ? La Russie est un acteur lourd de l’économie mondiale, non ?

Eh bien, pas tant que cela. Sa puissance économique n’a rien à voir avec sa puissance géographique, politique et militaire. Le Pib russe représente moins de 3% de l’économie mondiale, la Russie doit être au huitième rang pas plus, bien en dessous de l’Allemagne par exemple. Economiquement, c’est un ours en … peluche ! Et donc, sa chute ne devrait pas traumatiser l’économie mondiale. Un peu de fièvre en Chine a plus de conséquences.

Un autre élément va dans ce sens, c’est la cause même de la crise russe...

La cause de la chute de la maison Russie, avant même l’effet des sanctions américaines et européennes à cause de l’Ukraine, c’est le plongeon du prix du pétrole (orchestré ou non par les Etats-Unis). Ce plongeon atteint un pays drogué au pétrole et au gaz, un pays où les recettes d’exportation d’énergie procurent la moitié des recettes de l’Etat. Mais en même temps n’oublions pas qu’une énergie moins chère, c’est une bonne nouvelle pour tous les pays consommateurs. Comme la France. C’est le contre-choc qui attendu pour donner un coup de fouet à l’Europe. On peut ironiser –on doit le faire- sur une Europe qui attend de l’extérieur, de la planète Mars pourrait-on dire, la solution à ses problèmes. Mais c’est ainsi. Et donc à tout prendre, voyons le côté positif de la balance.

Mais vous allez nous dire que c’est plus compliqué que cela !

Un peu J. D’abord parce que la chute d’une monnaie à une telle vitesse est rare, donc stressante. Le magazine américain Time a mis une plaisanterie en ligne. Le temps que vous disiez, Patrick, le nom de l’ami fidèle de Raskolnikov dans Crime et Châtiment … dites-le …

Dimitri Prokovitch Razoumikhine

Eh bien, le temps que vous le prononciez, le rouble avait baissé de plusieurs points hier ou avant-hier ! Sérieusement, l’effet du froid russe, on l’a vu hier sur les marchés qui ont joué au yoyo … Paris a bougé de quatre points en une séance, c’est beaucoup. Il y aura des conséquences aussi pour des entreprises françaises, Renault ou la Société Générale, très présentes en Russie. Et indirectement via l’Allemagne. Mais les deux grandes questions sont les suivantes. Un : y aura-t-il un effet domino psychologique et purement financer, après tout la Grèce aussi est un pays minuscule qui a déclenché la tempête. Deux : quelle sera la réaction politique de Poutine.

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