Lundi, l'indice vedette de la Bourse de Paris a franchi la barre des 6.000 points, pour la première fois depuis douze ans. La déconnexion entre les marchés financiers et les situations économiques, sociales et politiques s'explique, mais elle est problématique.

Le CAC 40 n'avait pas atteint ce niveau depuis l'été 2007
Le CAC 40 n'avait pas atteint ce niveau depuis l'été 2007 © Getty / SOPA Images

On parle peu de la Bourse ici à ce micro, mais c’est un événement : l’indice des 40 principales valeurs n’avait pas atteint ce niveau depuis 2007. 

Cela concerne trois millions d’actionnaires, ce n’est pas rien. 

Ces dernières années, ce sont les taux d’intérêt à zéro qui poussent les actions au plafond, et ces tous derniers jours, ce sont l’accord commercial Washington-Pékin et la victoire de Boris Johnson – on y voit plus clair sur le Brexit. 

Le résultat est qu’il est possible que l’année boursière 2019 soit la meilleure depuis vingt ans. 

Une question se pose

Mais cela dit, vient à l’esprit une question lourde : le même jour, record de grèves et record du CAC 40, pure coïncidence ou y-a-t-il un rapport ?

En réalité, on voit mal les marchés financiers s’emballer pour la CGT. Du coup, on est obligé de constater qu’il n’y a pas de rapport direct. Il y a longtemps que le CAC 40 n’évolue plus en fonction de la politique ou de la situation économique et sociale en France. 

Pour une raison simple : ces entreprises ont une activité dans le monde entier et limitée en France. La preuve : les deux valeurs qui ont marqué l’année sont Airbus et LVMH, extrêmement internationales et efficaces. C’est leur point fort qui leur permet de profiter de l’émergence des pays émergents. 

Mais il existe une déconnexion entre le CAC 40 et l’économie. 

Oui et non. Non, parce que quand on dit que le CAC retrouve son niveau de 2007, cela fait longtemps que l’économie, elle, a retrouvé son niveau de 2007. Mais oui, c'est vrai, il y a une déconnexion entre les rythmes financier, politique et social de la planète. 

Est-ce un problème ? 

Oui, c'est vrai les records de 2007 ont été battus avant … la crise de 2008. Une décennie plus tard, le contraste entre les turbulences politiques et sociales dans beaucoup d’endroits (et je ne pense pas à la France, où c’est une pièce d’un classicisme total), ce contraste avec l’euphorie actuelle de la bourse n’est pas sain. 

Je ne sais pas si cela fait penser au dernier concert sur le Titanic mais, tout simplement, cela rappelle que la Bourse, c’est aussi un jeu de grands enfants qui vivent dans leur propre monde et qu’il ne faut pas totalement prendre au sérieux.

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