Les constructeurs de voitures diesel ont gagné une petite bataille - mais pas l'essentiel. Le monde automobile se divise déjà sur un autre sujet : faut-il pousser les hybrides ou les voitures 100% électrique ?

Dans la vie, quand elle est difficile, il est important d’avoir de temps en temps des petites satisfactions. Hier, les industriels de l’automobile en ont eu une -petite. 

Une étude tout à fait sérieuse et indépendante commandée par le ministère de la Transition écologique a montré que la plupart des moteurs diesels récents polluent moins que leurs équivalents essence. Moins de dioxyde de carbone (le CO2), moins de particules fines, moins de monoxyde de carbone. Donc, ce que l'on retient, c'est : moins de réchauffement climatique. 

Qui l’eut crû ? Les ingénieurs le répétaient depuis dix ans, personne ne les croyaient. Voilà. 

Mais -fin de la petite satisfaction-, badaboum cette étude montre aussi que les diesels émettent plus d’oxydes d’azote (les Nox), surtout sur les trajets courts. Et du coup, le gouvernement a confirmé que les diesels n’ont plus droit à la vignette Crit’Air 1, et donc ils n’ont plus d’accès possible aux zones à faible émission, cela concerne chaque jour qui passe davantage de villes. Le diesel, désormais, c’est uniquement loin des villes -et honnêtement son avenir est incertain. 

Mais le monde de l’automobile sait qu’une autre bataille l’attend maintenant. Celle-ci : comment atteindre les objectifs que va se fixer l’Europe sur le climat, objectifs encore durcis la semaine dernière par le Conseil européen ? Va-t-on interdire totalement les ventes de voitures thermiques pour passer au 100% électrique ? C’est ce que plaident les écologistes -en tous cas ceux qui pensent qu’on utilisera encore demain des voitures, et pas seulement des vélos et des patinettes. Ou va-t-on pousser les voitures hybrides rechargeables ? Les industriels réclament la seconde solution, cela leur laisse du temps pour innover sur le 100% électrique, qui reste cher. Et là, bingo, l’étude montre que les motorisations hybrides émettent jusqu’à un tiers de CO2 en moins que les essences, en ville, et parfois même 80% en moins. Du coup, la journée n’était pas si mauvaise. 

Ce débat traverse aussi le gouvernement. Deux communiqués ont été publiés avec l'étude. Celui de Barbara Pompili, à l’Ecologie, affiche sa préférence pour l’électrique et l’électrifié, et ses réserves sur l’hybridation. A l’inverse, celui d’Agnès Pannier-Runacher, à l’Industrie, vante beaucoup les hybrides rechargeables. 

Comme je n’ai pas le temps d’un commentaire élaboré, je dirai juste que c’est cocasse - et sur ma feuille j'ai écrit rigolo.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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