par Etienne Lefebvre

Les chiffres du chômage ont été publiés hier. Vous nous apprenez que le chômage n’aurait quasiment pas augmenté depuis 2012...

Ça peut paraître surprenant, oui, mais si vous prenez les chiffres de l’Insee, la hausse a été très limitée. Fin 2016, on était à 9,7% de chômeurs en métropole. Et selon les prévisions de l’institut, ce taux devrait s’établir à 9,5% mi-2017. Soit quasiment le même niveau qu’à l’arrivée de François Hollande, c’était 9,4%. Mais attention, il s’agit là du taux de chômage exprimé en pourcentage de la population active. Si l’on prend le nombre d’inscrits à Pôle emploi, l’indicateur le plus commenté chaque mois, alors le bilan du quinquennat est tout autre : 600.000 chômeurs de plus en catégorie A, c’est-à-dire les personnes n’ayant pas du tout travaillé dans le mois. Et plus d’un million en ajoutant les autres catégories.

Comment expliquer ce grand écart ?

En fait, ces indicateurs sont très différents. Le taux de chômage est mesuré via une enquête réalisée auprès de 110.000 personnes. Et l’Insee comptabilise comme chômeur celles qui sont sans emploi et qui affirment en rechercher un. On peut ainsi avoir des gens découragés, qui disent ne plus rechercher d’emploi, tout en étant inscrits à Pôle emploi. Ce phénomène a certainement joué pendant ce quinquennat, où le chômage de longue durée a explosé. Autre explication avancée par l’Insee : les jeunes s’inscrivent davantage à Pôle emploi pour bénéficier de nouveaux dispositifs de soutien.

Mais au final, quel chiffre faut-il retenir ?

Pour les comparaisons internationales, c’est le taux de chômage qui fait référence. Mais pour avoir une vision globale, il faut analyser toutes les données : le nombre d’inscrits à Pôle emploi bien sûr, les créations d’emplois, il n’y en aura quasiment pas eu sur cinq ans. Mais aussi ce que l’Insee appelle le halo du chômage, halo h – a – l – o, c’est-à-dire ceux qui souhaitent un emploi sans être comptés comme chômeurs. Soit 1,5 million de personnes, 200.000 de plus qu’en 2012. Bon au final, ce qu’il faut retenir, c’est quel que soit l’indicateur, le bilan n’est pas bon. Car même si le taux de chômage n’a que faiblement augmenté en 5 ans, il faut rappeler que dans le même temps, il aura reculé de deux points dans la zone euro.

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