Le gouvernement a fait des annonces sur la pension des femmes divorcées...

Elles pourront finalement bénéficier de la réversion lorsque la réforme des retraites sera entrée en vigueur. 

Oui, on peut le dire, elles l'ont échappé belle. Parce que jusqu'ici, le projet de loi retraites en discussion au Parlement se contentait d'appliquer le rapport Delevoye. Vous avez droit à la pension de réversion de votre dernier époux ou épouse lorsqu'il ou elle décède, point barre. 

Pour faire simple, on va appeler ça la règle du dernier mari. Je vous laisse imaginer les conséquences pour la femme qui a suivi son mari à l'étranger, qui a fait une croix sur sa carrière pour élever des enfants, et que l'on quitte à 50 ans pour une jeunesse. Il y a aussi celle qui voudrait divorcer, mais qui est tétanisée à cause de sa retraite. A l'inverse, et en poussant un peu le bouchon, plaignons ces amants crédules qui à 70 ans vont se faire mettre la bague au doigt par une croqueuse de réversion... 

Mais comment a-t-on pu imaginer une chose pareille à l'origine ? 

Au départ, le gouvernement a prévu de réformer en profondeur la réversion, pour la remplacer par une assurance-veuvage. Le modèle de la femme au foyer devient de plus en plus rare. Alors au lieu de donner aux veuves une part de la pension du mari, on va leur offrir un filet de sécurité sous la forme d'une garantie du maintien de leur niveau de vie. 

La promesse, c'est 70% du revenu du couple pour le survivant. Comme ça, seules les épouses ayant des revenus plus faibles que leur mari y auront droit.

Il y a un problème avec cette règle. On ne peut pas maintenir le niveau de vie d’un couple qui n’existe plus. D'où, pour les divorcées, la règle du dernier mari, et puis, à présent, le retour de la réversion: 55% de la pension de l'ex-époux, au prorata de la durée de mariage. 

La réversion a donc encore de l'avenir ?

Oui, on peut le dire, ne serait-ce que par la force d'inertie du système de retraite. 

Un peu moins de 3 millions de Français touchent une pension de réversion. Ce budget pèsera deux fois moins lourd dans la richesse nationale d'ici à 2070, car les écarts de salaire diminuent, mais aussi les écarts d'espérance de vie - réjouissez-vous messieurs. 

De plus, on se marie moins souvent. Le déclin est donc inéluctable, à moins peut-être qu'on décide d'ouvrir la réversion au PACS. Mais pour l'heure, il n'en est pas question. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.