L’entreprise « Aéroports de Paris » va publier ce soir ses résultats et ils vont être très mauvais. C'est logiquement le reflet d'un trafic aérien qui reste extrêmement déprimé. Qu'en sera-t-il à l'avenir ? A chacun d'apporter sa réponse.

Les mauvais résultats d'ADP ne sont une surprise tant la situation du transport aérien, dont on parle moins que des restaurants ou des théâtres, (tant cette situation) est extrêmement difficile. 

Aéroports de Paris est une belle entreprise qui gère une vingtaine d’aéroports dans le monde : Roissy et Orly bien sûr, mais aussi New Delhi, Santiago du Chili, Ankara, Zagreb, Izmir etc. Eh bien, ADP va annoncer une perte, pour l’année 2020, probablement autour d’un milliard d’euros, soit (écoutez bien) l’équivalent de la moitié de son chiffre d’affaires qui a lui-même chuté de moitié. 

Franchement, peu de grandes entreprises affrontent un choc pareil. Il a fallu lancer une grosse réduction des effectifs avec  une baisse des salaires et évidemment la privatisation d’ADP est enterrée. 

La raison de cette situation est naturellement la descente aux Enfers du trafic aérien, qui n’est en ce moment, à Paris, qu’à 25% du trafic normal – c’est-à-dire la situation d’il y a un an, avant la pandémie. Après le premier confinement, le trafic était reparti pendant l’été, puis il a rechuté à l’automne, puis il a rebondi (un peu) en décembre, avant de replonger en janvier. Cette panne du transport aérien touche le monde entier, mais moins l’Asie tout de même : au total, le site Flightradar24 a compté 93.000 vols sur la planète hier, 43% de moins qu’à la même date de 2019. 

Alors, est-ce que cela va repartir ? Les experts, comme tous les experts, c’est leur charme, ne sont pas d’accord entre eux. Mais les questions posées sont bien identifiées. 

Un : les réunions à distance ont-elles tué définitivement la majeure partie des voyages d’affaires, qui font les marges des compagnies aériennes ? 

Deux : la mondialisation va-t-elle reculer ou pas ? Le trafic des marchandises ne le montre pas, mais on voit bien que les frontières se relèvent ; 

Trois enfin : les générations montantes européennes sont-elles, vont-elles être, frappées par le flight-shaming, la honte de prendre l’avion, pour des raisons environnementales ? Voilà les questions. 

Et votre réponse ? Personne ne voit le trafic aérien revenir à la « normale » (si ce mot veut dire quelque chose) avant 2025 parce que le virus ne va pas être éradiqué sur l’ensemble de la planète avant un bout de temps. Pour des raisons climatiques, le prix des billets sera probablement renchéri aussi. 

Mais voilà on ne peut pas exclure non plus que la planète, quand la situation sanitaire s’améliorera, soit saisie d’une frénésie de consommation, de voyages – un peu comme dans les années 20, les Années folles. 

Posons-nous tous, chacun d'entre nous, la question : qu’allons-nous décider ?

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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