Une entreprise française a donc annoncé hier le plus grand mariage scellé depuis longtemps.

Oui, il s’agit d’Essilor, le numéro un mondial, français, des verres correcteurs de lunettes, qui a annoncé sa fusion avec le premier fabriquant au monde de montures, l’italien Luxottica – chacun connaît les montures Rayban. Il faut remonter aux fusions Total-Elf –ce n’est pas d’hier-, Sanofi-Aventis et GDF-Suez pour retrouver des opérations aussi importantes. Le nouveau groupe emploiera 140.000 salariés, aura 44 usines et réalisera un chiffre d’affaires de l’ordre de 15 milliards d’euros. On arrête là les chiffres, mais le nouveau groupe, moins connu qu’eux, pèsera en Bourse autant que Renault, Valéo et Michelin réunis. Il y a une logique imparable à regrouper les verres et les montures. En Recherche et développement, les deux entreprises pensent qu’elles vont foncer vers les lunettes connectées par exemple. Pourquoi pas des lunettes qui vous avertissent en voiture quand vous clignez trop souvent des yeux, ce qui veut dire que vous vous endormez ?

Pourquoi ce rapprochement maintenant ?

C’est effectivement la première question qui se pose. Le patron de Luxottica, Leonardo Del Vecchio, 2ème fortune d’Italie, a plus de 80 ans, il a été parait-il très inquiet de voir Michele Ferrero, l’inventeur du Nutella et 1ère fortune d’Italie, décéder en 2015 sans avoir réglé sa succession ! Et donc tout s’est accéléré ces dernières semaines. La deuxième question est de savoir qui va diriger le groupe. Les Français ou les Italiens ? Tout le monde est méfiant après les départs sous d’autres cieux d’Alcatel, d’Alstom, d’Arcelor et de Lafarge ces dernières années. Ce que l’on sait : c’est que le groupe restera coté à Paris et son siège restera en banlieue parisienne. La différence est qu’Essilor va bien et que le patron de Luxottica aura au maximum 31 % des droits de vote. Après, c’est l’histoire qui le dira. En tous cas, c’est l’occasion de saluer les succès d’Essilor qui a encore un marché à conquérir : plus de deux milliards de terriens ont besoin de lunettes et n’en ont pas ! Dernier point, plus une observation qu’une question : une fois de plus, on voit que nous arrivons plus facilement à faire des affaires avec les Italiens qu’avec les Allemands.

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