Le syndicat étudiant UNEF a dénoncé hier la sélection illégale pratiquée dans les universités. En réalité, selon vous, le système français est à bout de souffle.

Oui, le système français de quasi-interdiction de la sélection à l’entrée de l’université est en train de craquer par absurdité. Selon l’UNEF, 33 universités auraient des pratiques illégales de sélection des lycéens pour l’accès en première année ou, plus tard, pour l’accès en mastère. A ses yeux, le fait que des universités demandent un certain niveau de connaissances pour suivre une formation d’ingénieur ou de langues est inadmissible. Qu'on regarde les notes obtenues au Bac pour l’entrée en maths, en histoire, en psychologie, c'est condamnable. Et le syndicat cite sans rire le cas de Paris 7, qui n’accepte en licence de chimie que les Bac S. Ou celui du mastère management de Bordeaux 3, qui est ouvert en priorité aux étudiants ayant une formation de premier cycle en ... management.

C’est illégal, mais la question à sa poser est de savoir si ce n’est pas la loi qu’il faut changer. Et c’est là qu’intervient l’économie. Quand un jeune actif sur quatre est au chômage, on est forcé de se dire que le système de formation n’est pas optimal. De se dire que la liberté totale de s’engager dans n’importe quelle voie, y compris quand on a ni le niveau, ni la motivation, aboutit à un gâchis énorme. Il y a du ressentiment quand on a obtenu un diplôme qui ne débouchera pas sur un emploi. C'est un scandale quand le système repose sur l’hypocrisie. Un quart des étudiants rentrent dans une filière donnée parce qu’on les a sélectionnés par hasard au milieu d’autres qui la voulaient aussi. Autrefois, c’était premier arrivé, premier inscrit ; aujourd’hui, cela peut être un tirage au sort ! Quand le taux de réussite au bac est de 88%, le parchemin que l’on a en poche est sympathique, important, mais il ne veut plus dire grand-chose sur l’orientation pour le supérieur.

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