Pour sa dernière chronique pour cette saison Dominique Seux a choisi de retenir quatre tendances qui ont marqué selon lui cette année.

Bien sûr c’est très subjectif. On ne va être très original : j’ai choisi un événement, une tendance, au niveau mondial, au niveau européen, au niveau français et une tendance économique lourde. Au niveau planétaire, ce qui me semble à retenir, c’est le ralentissement de l’économie chinoise. Cela a l’air loin de nous -et cela l’est- mais c’est intéressant. La Chine se normalise après trente années de train d’enfer, de développement incroyable. Se normaliser, cela ne veut pas dire avoir –comme les pays développés- une croissance de 1 à 3%, elle reste a priori au-dessus même si on ne sait rien des vrais chiffres. Mais cela veut dire traverser des difficultés, ralentir, et devoir penser -enfin- au bien-être des Chinois, et plus seulement à être l’usine du monde via les exportations. Evidemment, le ralentissement à l’intérieur pousse la Chine à se montrer offensive à l’extérieur, rachetant des entreprises partout.

Qu’avez-vous retenu au niveau européen, maintenant ?

L’économie va mieux, grâce à la baisse du prix du pétrole et de l’euro, le redémarrage est indiscutable dans la zone euro. Mais sur le plan politique, c’est franchement mauvais. Les populismes et les égoïsmes nationaux progressent et les derniers mois ont été dominés par quoi ? Par le Brexit (la sortie possible de la Grande-Bretagne de l’Europe) et le Grexit (l’exclusion de la Grèce de l’euro). C’est la première fois depuis 1957 que le rétrécissement du projet européen est sur la table. La violence verbale de ces derniers jours entre dirigeants européens et, si à voir les réseaux sociaux, entre peuples, est à la fois triste et inquiétante.

Quel événement en France ?

Il y a un peu de reprise économique, mais elle est moins forte qu’ailleurs et le chômage reste à un niveau très élevé. Le moral collectif est aussi un peu meilleur mais c’est davantage dû à une fatigue de la crise qu’à des facteurs très solides. La question posée à la France est simple : elle profite actuellement du fameux alignement des planètes -baisse de l’euro, des taux d’intérêt et du prix du pétrole- ; mais cette conjonction ne durera pas toujours ; sans ces béquilles, que se passera-t-il ? Le pays construit-il ses propres forces ? L’envie d’entreprendre chez les plus jeunes est nette, visible, les idées aussi, mais est-ce que cela suffit ?

Dernière tendance, elle est technologique ...

La saison a été digitale, ou plutôt c’est depuis un an que le monde entier et notamment les Français ont perçu que le numérique était bien révolutionnaire, allait changer nos vies. Covoiturage, musique, Uberpop, hébergement, santé etc. : il baisse les coûts des services très rapidement alors qu’il avait fallu des dizaines d’années pour que les prix des biens physiques diminue grâce à l’industrialisation et à la concurrence. Et il donne la main aux clients. La grande question est que le client est aussi un salarié, c’est le même. Quand l’un rit, l’autre s’inquiète ? Réponse à la rentrée !

D’ici là, c’est Jean-Marc Vittori qui sera assis sur votre fauteuil à partir de lundi.

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