Le Brexit : voilà la raison invoquée par EasyJet pour justifier la création d’une nouvelle compagnie aérienne en Autriche, annoncée vendredi

EasyJet
EasyJet © AFP / JACQUES DEMARTHON

Quelle mouche a piqué les dirigeants de la compagnie britannique ?

Ce n’est pas une mouche, mais plutôt l’instinct de survie. Si le Royaume-Uni est le premier marché du transporteur aérien à bas coût, le continent compte beaucoup pour EasyJet, deuxième compagnie d’Europe par le nombre de passagers transportés. Or le Brexit va pousser la Grande-Bretagne en dehors du marché unique du transport aérien, mis en place il y a vingt ans. Les transporteurs britanniques vont donc devenir dépendants des futurs accords entre Londres et Bruxelles. Ils n’auront plus automatiquement le droit de cabotage, c’est-à-dire de faire par exemple des vols Paris-Berlin ou Rome-Amsterdam. Trop risqué pour EasyJet, qui dessert cent trente villes en Europe. D’où l’impérieuse nécessité de créer une filiale dans l’Union.

Outre-Manche, il n’y a donc pas que la finance qui s’inquiète du Brexit…

Effectivement. On a beaucoup parlé depuis un an des banques qui vont dégarnir leurs équipes de la City pour les renforcer à Dublin, Luxembourg, Paris et Francfort qui semble pour l’instant tenir le pompon. Il y aussi des organismes qui vont fatalement quitter l’Angleterre, comme l’Agence européenne du médicament ou l’Agence bancaire européenne. Mais la décision d’EasyJet est un très bel exemple d’un autre domaine, où l’Europe avait offert aux entreprises britanniques un formidable levier de puissance. Un domaine où l’abaissement des barrières réglementaires décidé ensemble par les gouvernements a aussi permis une baisse massive des prix et en conséquence une hausse impressionnante du nombre de billets vendus, y compris à des consommateurs qui n’avaient auparavant pas les moyens de prendre l’avion.

Et pourquoi EasyJet a-t-il choisi l’Autriche ?

Il suffit de regarder une carte de l’Europe : l’Autriche y occupe une place centrale. Son premier aéroport, Vienne, est en plus loin d’être saturé, contrairement à d’autres. Et enfin, la fiscalité des entreprises est dans la moyenne européenne. A bon entendeur, salut.

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