On n'a jamais emprunté aussi peu cher pour acheter sa maison. Le taux des crédits immobiliers était de 1,25% le mois dernier. Est-ce une bonne nouvelle ?

Les taux de crédit immobilier
Les taux de crédit immobilier © Getty / krisanapong detraphiphat

Pour les acheteurs, ce n’est pas une bonne mais une excellente nouvelle. D’après les chiffres de l’observatoire Crédit logement/CSA, la moitié des emprunteurs à 15 ans vont même payer moins de 1% de taux d’intérêt. 

Un taux qui baisse, ça veut dire qu’on peut acheter plus cher en remboursant pareil. Et cette bonne nouvelle ne vient pas seule. 

Les banquiers prêtent aussi sur plus longue période, ce qui permet, là encore, d’emprunter davantage. La durée moyenne des crédits frôle ainsi les 20 ans, un pic seulement atteint une fois en 2008. 

Et puis les banquiers sont aussi moins exigeants sur les apports personnels des emprunteurs. C’est très important pour les jeunes acheteurs, qui n’avaient pas pu rentrer sur le marché ces dernières années faute d’avoir pu constituer leur pelote de laine. 

Il y a tout de même un petit problème

Tout va bien pour les acheteurs qui peuvent acheter. Mais cet argent facile fait surtout monter les prix. 

Les emprunteurs paient moins d’intérêts pour acheter plus grand ou plus confortable, mais surtout pour acheter... plus cher. Et cet argent va soit aux propriétaires de logements, qui font le plus souvent déjà partie des Français les plus favorisés, soit aux promoteurs et aux constructeurs.

Sauf que la construction, elle, est en berne. Les permis de construire ont chuté en début d’année. D’après l’Insee, la production du secteur a un peu baissé au printemps, va stagner cet été et pourrait à peine repartir à l’automne. Autrement dit, la bonne santé du marché immobilier ne profite pas, ou pas assez, au bâtiment et à la croissance.

Faudra-t-il agir pour maîtriser la hausse des prix de l’immobilier ? 

On y viendra sans doute un jour, car la flambée du marché gonfle les inégalités et l’endettement. Les autorités financières ont d’ailleurs commencé à leur manière, en imposant aux banques des coussins de sécurité plus importants pour freiner leur tendance à prêter toujours plus. 

Mais au-delà, ça sera difficile car tout reste organisé en France pour faire monter les prix des logements. 

D’abord des taux d’intérêt très bas et qui pourraient encore baisser, à en croire les dernières annonces de la Banque centrale européenne.

Ensuite une politique budgétaire du logement plus généreuse que partout ailleurs ou presque, qui injecte encore plus d’argent dans le système. 

Enfin des terrains trop rares. On n’est pas sorti de la bulle. 

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