Les primes permettant d'acheter une voiture neuve ou d'occasion récente sont parties comme des petits pains. La logique climatique invite à les réserver désormais aux seuls véhicules électriques.

La Peugeot 3008 Hybrid4, sortie en 2009, était la première diesel hybride au monde.
La Peugeot 3008 Hybrid4, sortie en 2009, était la première diesel hybride au monde. © AFP / Cyril Folliot

Le ministre des finances, Bruno Le Maire, l’a annoncé hier devant les sénateurs : les 200.000 primes à la conversion seront épuisées à la fin du mois. Il s’agit d’un dispositif lancé le 1er juin, c’était il y a un mois et demi pas plus, qui permet aux acquéreurs d’une voiture neuve ou d’occasion récente de bénéficier d’une prime de plusieurs milliers d’euros si leurs revenus sont en dessous d’un certain seuil. 

Ce dispositif avait un objectif : vider les stocks accumulés dans les concessions pendant le confinement. Cela a marché au-delà des prévisions puisque l’échéance fixée était au départ décembre. En deux mois, 200.000 véhicules sont partis avec cette aide. Du coup, le marché français est le seul à Europe à avoir été en hausse en juin. 

Alors, certes, il faut relativiser la performance : ces 200.000 « primés » sont à rapporter aux quelques 8 millions de véhicules (neufs ou d’occasion) normalement vendus et achetés chaque année en France. Mais tout de même c’est une performance. Mais une performance très onéreuse : 10 millions d’euros par jour, 300 millions par mois … 

Dès lors, la question posée au gouvernement était de savoir s’il fallait prolonger le mécanisme tel quel, et Bruno Le Maire a répondu hier : c’est non. Trop cher, la prime a atteint son but – et évidemment il y a eu un effet d’aubaine : des gens qui auraient de toutes façons acheté une voiture ont été subventionnés par l’Etat. 

Selon ce que l’on peut dire ce matin, Bercy est tenté de réserver la prime désormais aux acheteurs de voitures électriques et hybrides rechargeables – ce qu’a décidé l’Allemagne (et ce qui par ailleurs conviendrait à PSA). Au moins 45 000 voitures de ce type ont bénéficié depuis le 1er janvier d’un super-bonus électrique. Cibler les aides serait de fait une bonne chose pour pousser les automobilistes et les constructeurs dans cette direction.

Au-delà, il y a trois enseignements :

  • Le premier est que les Français, dans le monde d’après comme dans de monde d’avant, sont nombreux à avoir besoin de voiture pour se déplacer. La réalité rattrape et corrige, comme souvent, les discours répandus dans les grandes villes sur la disparition de ce mode de transport. 
  • Le deuxième enseignement est que les consommateurs retournent plus facilement dans les concessions ou les magasins d’électroménager, où on ne va qu’une fois brièvement, que dans les restaurants et les commerces en général, où ils craignent le virus. C’est une surprise. 
  • Le dernier enseignement est que le moment est venu de basculer vers la voiture décarbonnée. 
L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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