La réforme ferroviaire arrive aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Il est temps de parler du fond : est-ce une bonne réforme ?

Cette réforme ne mérite ni excès d’indignité ni excès d’honneur, pour paraphraser Britannicus - puisque nous sommes en période de Bac ! Les syndicats lui font des reproches infondés ; Le gouvernement la pare de trop de vertus. Ce texte ne change pas le statut des cheminots, il n’allonge pas la durée de travail, il ne recule pas l’âge de départ à la retraite – 56 ans et demi en moyenne l’an dernier pour les personnels non roulants, bien moins pour les roulants. Mais cette réforme ne règle pas non plus la question financière de la SNCF. Elle rapproche seulement le propriétaire des rails – Réseau ferré de France – et l’exploitant des lignes – la SNCF. Deux entités distinctes depuis 1997. Pas plus, pas moins.

Mais vous dites : ne soyons pas dupes, le problème, ce n’est pas l’organisation, ce sont les finances.

Oui, la réforme ne règle pas la question de la dette du système ferroviaire. Un système qui vit au-dessus de ses moyens, qui traîne une dette de plus de 40 milliards d’euros qui gonfle d’année en année et qui va un jour, se rapprocher des 80 milliards si on ne fait rien. Pourquoi cette dette ? A cause des investissements du TGV, à cause du financement des nouvelles lignes à grande vitesse qui doivent d’ici 2017 réduire les temps de trajet sur Paris-Strasbourg, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes et Paris-Montpellier, à cause du plan de rénovation des lignes vieillies. Il y a beaucoup d’investissements décidés par les responsables politiques sans que la rentabilité économique soit un critère déterminant. Comme dans beaucoup de domaines, on dit pendant des années : l’intendance suivra, et un jour elle ne suit plus !

Donc, l’idée de la réforme, c’est de réaliser des économies...

Attention : il ne s’agit pas de dire que la SNCF n’a jamais fait d’économies. 10.000 trains circulent chaque jour, un peu plus qu’il y a trente ans, il y a plus de passagers, mais le nombre de salariés de la SNCF est passé de 250 à 150.000. Il y a donc eu des gains de productivité. Mais davantage peut et doit être fait en regroupant la SNCF et RFF – et un jour en revoyant le statut. Pour l’anecdote, on compte aussi sur des drones pour mieux surveiller le réseau ! Dans le texte, il y a par ailleurs une règle d’or : ne plus faire d’investissements qui aggraveraient l’endettement.

Est-ce que cela va suffire ?

Non. Ce que constatent les clients de la SNCF, c’est que le train est devenu plus cher que la voiture et l’avion sur les longues distances. Le tout TGV se paie cher et le trafic TGV lui-même baisse. Le train doit donc se réinventer. C’est son 3ème âge : après le transport des marchandises au XIXème siècle, l’explosion du trafic passager de masse partout au XXème, le train, moyen de locomotion « propre », doit être plus attractif pour les usagers du XXIème siècle.

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