**La ministre de l’économie, Christine Lagarde, annonce dans « Les Echos » de ce matin, une initiative contre les « abus » constatés sur les tarifs bancaires. C’est un sujet qui concerne tout le monde : chacun s’est un jour ou l’autre demandé à combien s’élevaient les frais prélevés par sa banque à l’occasion d’un virement, d’un prélèvement automatique, du renouvellement d’une carte bancaire ou d’un incident de paiement. Sans oublier les opérations plus complexes. Christine Lagarde explique donc qu’elle veut vérifier qu’il n’y a pas d’abus. Ce qui lui a mis – si on peut dire – la puce à l’oreille, c’est une étude de la Commission européenne qui montre que les tarifs français étaient plutôt élevés et opaques. Un compte courant « coûte » en moyenne 154 euros par an ici, seuls l’Italie et l’Espagne seraient plus chers. Si Bercy intervient maintenant, c’est aussi que plusieurs problèmes sont apparus, sur ce qu’on appelle les frais en cascade, mais aussi les services autrefois gratuits qui ne le sont plus ou encore les « packages » proposés par les banques qui comprennent des services inutiles. Bref, Christine Lagarde commande un rapport et promet des décisions concrètes cet été. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement promet d’agir…Non, et des mesures ont déjà été prises. Depuis un an, nous recevons tous un relevé annuel de frais ; Les fermetures de comptes sont désormais gratuites et le coût des incidents de paiement plafonnés. C’est apparemment insuffisant. En réalité, il y a trois sujets qui s’enchevêtrent : la transparence, le coût et la concurrence. La transparence : qui sait si un virement est plus cher qu’un expresso au comptoir ? Dans la mesure où les tarifs ne sont pas clairs, et dans la mesure où il est souvent pied et mains lié par un crédit immobilier, le client n’est pas prêt à changer de banque. Et elles le savent. Les Français changent de fournisseur Internet, d’opérateur téléphonique, d’assureur, mais 4% seulement changent de banquier chaque année. Cette initiative gouvernementale ira-t-elle au bout ?Les esprits chagrins – il y en a partout - noteront que le rapport a été demandé à Georges Pauget, qui était encore président du Crédit Agricole il y a deux semaines. Les mêmes, un peu calculateurs, se diront qu’il n’est pas idiot, de la part du gouvernement, de critiquer les banques au moment où leur retour à bonne fortune impressionne et où une partie de l’opinion se demande s’il ne faudrait pas être plus sévère à leur égard. Donc bravo, mais on verra où arrive cette initiative. Une baisse des frais peut-elle être « gratuite », sans contrepartie ?C’est la bonne question ! Les frais bancaires sont élevés, disent les professionnels, parce que le client français vit sur un grand pied ; avec la gratuité des chèques par exemple. Ou avec ce qu’on appelle l’interbancarité grâce à laquelle, depuis 25 ans, les Français peuvent retirer de l’argent dans n’importe quel guichet. C’est pratique, mais c’est coûteux. Voilà un point qui sera sur la table aussi. Il faut regarder de près aussi les taux des prêts immobiliers. C’est donc un long débat qui s’ouvre avant une éventuelle loi. En attendant, le meilleur levier est donc une autre loi à faire jouer, celle de la concurrence.**

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