07H20 : L’édito éco : Jean-Marc Vittori Alors aujourd’hui, une bonne nouvelle : les entreprises embauchent davantage de cadres. Oui, L’agence pour l’emploi des cadres a par exemple traité 29.000 offres d’emploi en juillet. C’est moitié plus qu’il y a un an – et c’est significatif, car elle reçoit la grande majorité des offres pour les cadres mises sur le marché et l'amélioration dure depuis des mois. Ses autres indicateurs, comme les offres sur internet, sont aussi au vert. Les entreprises ont besoin de cols blancs pour toutes les fonctions, de l’informatique au marketing en passant par les postes administratifs. Et elles recommencent à recruter non seulement des salariés expérimentés mais aussi des jeunes diplômés, qui avaient beaucoup de mal à trouver un job depuis leur sortie de l’école. Au total, ça veut dire un marché du travail qui se débloque, et c’est donc encourageant aussi pour les non-cadres. Alors justement, qu’est-ce qu’on voit quand on regarde ce qui se passe pour l’ensemble de l’emploi? Les entreprises ont recommencé à embaucher depuis le début de l’année – près de 60.000 emplois créés dans celles qui emploient plus de 10 salariés, et on n’a pas encore les chiffres pour les plus petites. Mais en réalité, il y a deux France. La France des usines, où ça continue d’aller mal, et celle des bureaux et des boutiques, où ça va nettement mieux. Dans l’industrie, l’emploi continue de baisser. En deux ans, les usines ont perdu plus de 260.000 postes. Ca fait presque un emploi sur dix, c’est absolument énorme. La crise a donné un coup d’accélérateur brutal sur la désindustrialisation, et beaucoup d’usines qui ont fermé leurs portes ne rouvriront jamais. Mais dans les services, c’est heureusement complètement différent. Ca a bien sûr licencié fin 2008-début 2009. Mais depuis l’automne dernier, près de 150.000 postes ont été créés. Alors bien sûr, il y a beaucoup de CDD d’intérimaires dans le lot, dont certains travaillent d’ailleurs dans l’industrie. Mais c’est toujours comme ça que l’emploi redémarre. L'emploi augmente alors que l'économie n'est pas flambante: est-ce qu'il n'y a pas là une contradiction? Non, il y a là une autre nouvelle encourageante: la France est capable désormais de créer des emplois même quand l’activité se traîne. Il y a vingt ans, il fallait que la production augmente à un rythme annuel d’au moins 2,5% pour que les entreprises recommencent à embaucher. Maintenant, même à 1,5% de croissance, la job machine se remet en marche. Alors bien sûr, les esprits grincheux s’inquiètent. Beaucoup d’emplois pour peu de croissance, ça veut dire du travail pas très productif, et donc pas très bien payé. Mais quand on a un chômage de masse qui touche 2,7 millions d’actifs, près d’un sur dix, et quand on a une population en âge de travailler qui continue d’augmenter, contrairement à ce que l’on croyait, la priorité, c’est l’embauche. Vous nous décrivez un tableau pas si sombre que ça… Oh vous savez, même les journalistes économiques finissent par se lasser d’annoncer des mauvaises nouvelles. Mais je ne suis pas pour autant radieux sur la question. Il y a beaucoup trop de chômage dans ce pays, ça redevient d’ailleurs la première préoccupation des Français. Et puis il y a beaucoup de gens sans emploi depuis longtemps. Le nombre d’actifs au chômage depuis plus d’un an a augmenté de 400.000 depuis l’été dernier. C’est un chômage qui s’enkyste à nouveau dans la société française, et il sera difficile à extirper. !

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