Ce matin : la situation économique que trouvera le prochain président.

Oui, et elle sera plutôt bonne -sans qu’il y ait pour autant de quoi sauter au plafond. Comme chaque trimestre, l’Insee a publié hier soir ses prévisions, et l’institut anticipe une croissance de 0,3% au premier trimestre (celui dans lequel nous sommes) et de 0,5% au deuxième (entre avril et juin). Si cela s’avère exact, ce sera mieux que la situation qu’a trouvée François Hollande en 2012, qui était une quasi-récession liée aux turbulences sur l’Italie et la Grèce. Le moral des acteurs économiques est meilleur, l’environnement international l’est aussi, avec un pétrole pas très cher et des taux d’intérêt bas. Mais l’amélioration s’explique aussi, et c’est intéressant dans le débat actuel, par l’amélioration des marges des entreprises et le Pacte de responsabilité. L’an dernier, l’économie a créé plus d’emplois que ces dix dernières années. Au total, la France roulait moins vite que ses voisins, elle roule en ce moment à la même vitesse. Disons que tout cela est honnête, surtout dans le contexte des remugles de la campagne électorale française et de l’environnement Trump, Brexit, référendum raté en Italie, flou espagnol et état d’urgence.

Qu’est-ce que cela veut dire pour le nouvel élu ?

Il pourrait être tenté de se dire : çà va mieux, le bout du tunnel est à quelques centaines de mètres, et au final ne pas faire grand-chose. En réalité, quand on regarde de près, on constate que le chômage reste élevé alors qu’il a reculé dans la quasi-totalité des pays européens. On voit aussi autre chose -Pardon si c’est un peu abscons à cette heure-ci. La demande intérieure, en clair la consommation des ménages et les dépenses d’investissement des entreprises, a été constamment plus élevée que la croissance ces dernières années. Cela veut dire que la demande était là, mais que les entreprises françaises ne sont pas capables d’y répondre, et ce sont les importations qui répondent. Ce n’est donc pas une politique de relance qui semble nécessaire, mais de compétitivité sur les coûts et la qualité. La crédibilité d’un journaliste étant ce qu’elle est, on ne peut qu’inviter les candidats à lire et potasser la note de l’Insee, qui a la froideur de l’expertise et la sagesse de la neutralité. D’ailleurs, je l’ai amenée !

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