L'économie s'arrête brutalement depuis lundi et l'Etat assure qu'il prendra en charge une grande partie des conséquences de cette crise qui sera temporaire - sans que l'on sache sa durée.

La France installe un paysage économique à l’arrêt totalement inédit – un 15 août qui va durer plusieurs semaines. En 2008-2009, les entreprises n’avaient pas fermé et ne s’étaient pas vidées. Aujourd’hui, c’est différent. 

Voici quelques informations tombées hier au fil de la journée. Air France s’attend à une diminution de 90% de son trafic. Dans l’automobile, Michelin, PSA, Renault ont stoppé leurs chaînes de production et leurs milliers de sous-traitants seront sans travail. Beaucoup de commerces ont dû baisser le rideau, la restauration collective a rangé les couverts, seul l’agro-alimentaire tourne à plein. Du coup, la consommation d’électricité a déjà reculé de 10% hier matin. Ce n’est qu’un aperçu. 

Face à cette récession, Emmanuel Macron met l’économie sous le parapluie public comme jamais depuis 1945, pour qu’elle ne casse pas et reparte une fois le virus jugulé – car elle repartira. Le gouvernement veut 8 millions de personnes en télétravail, du chômage partiel, il annoncera une aide de 1.500 euros par mois pour les indépendants qui perdent 70% de leur chiffre d’affaires : çà c’est déjà du lourd. 

Mais il y a aussi une gigantesque enveloppe de garanties pour les prêts que les entreprises demanderont aux banques : 300 milliards d’euros, montant proche du parapluie allemand. 

Ce n’est pas un retour de l’Etat : c’est l’Etat qui installe un filet de protection aux mailles serrées au-dessus de l’économie.

Est-ce suffisant ?

Emmanuel Macron a utilisé le mot guerre. En économie, il a sorti des armes de guerre – davantage que sur le plan sanitaire où le confinement n’est pas total. Des millions de personnes iront quand même travailler. 

Quel effet économique de tout cela ? On a appris hier ce qui s’était passé en Chine. La production industrielle y a reculé de 13% sur l’ensemble du pays en janvier-février, et la consommation de 20%. 

Ici, cela peut être plus. Pourquoi ? Parce que Pékin avait mis totalement mis à l’arrêt une région entière, le Hubei, qui ne représente que 3% de la Chine (démographiquement parlant). Emmanuel Macron ne veut, et surtout ne peut, arrêter totalement la France. Ce pari peut être gagné. 

Mais nous ne pouvons en juger la pertinence puisque les scénarios épidémiques ne sont curieusement toujours pas publiés. Cela serait utile pour montrer aux Français quel peut être l’effet de leurs efforts (les avis scientifiques ont été publiés en milieu de matinée ce mardi, NDLR).

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