**Christine Lagarde, la ministre de l’économie, est récompensée aujourd’hui par le titre de meilleur ministre des finances européen.Ce titre, pas officiel, est décerné ce matin par le quotidien britannique « Financial Times », la Bible des milieux d’affaires anglo-saxons, lu partout, à New York, à Londres, à Hong Kong. Donc, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi français, est classée numéro un, devant son homologue allemand, sur 19 ministres européens dont l’action a été passée au crible. Pourquoi est-elle distinguée ? Le « FT » - comme on dit – insiste bien sûr sur la qualité de son anglais - à force d’en faire une qualité rare chez les Français, cela devient vexant -, sur son sourire, sa capacité de travail et de négociation au G20, ses manières directes et le fait que c’est la première femme dans le club des grands ministres des Finances. Evidemment, Christine Lagarde va boire du petit lait ce matin. Pour elle, c’est une revanche ?Une revanche personnelle, elle était avant-dernière il y a deux ans ! Mais, c’est tout aussi intéressant, c’est une revanche pour la France elle-même. Car le palmarès du FT s’appuie sur les qualités d’un ministre, mais aussi de son pays. Et là, c’est cocasse sous la plume de nos honorables confrères britanniques adeptes depuis des années du libéralisme assez débridé. Il y a un hommage à l’économie française, qui a mieux résisté que les autres à la crise avec une récession deux fois moindre parce qu’elle est, je cite, « bien équilibrée ». Elle n’a cédé aux sirènes ni du tout à l’exportation, ni à celle de l’inflation immobilière. Et le meilleur est à venir, le quotidien britannique s’émerveille presque (– j’exagère à peine –) du rôle joué par le secteur public comme facteur de résistance. En revanche, la France est mal vue pour son budget et sa dette. Alors, hommage justifié pour Christine Lagarde ?Ce qui est sûr : elle a remonté la pente après un démarrage difficile et quelques gaffes. Encore sûr : ce n’est pas une « fana » des concepts et des théories économiques, ce qui est prudent en ce moment. Elle est plus dans son élément dans les discussions internationales sur la finance, c’est plus dur avec les élus locaux sur la taxe professionnelle. En revanche, il y a un point sur lequel elle échoue, mais elle n’est ni la seule ni la première responsable : redonner le moral aux Français. Un sondage BVA réalisé dans 24 grands pays montre qu’ils sont en ce moment les plus pessimistes au monde sur la situation économique de leur pays, avec les Islandais, les Roumains et les Mexicains. Alors que le moral des Américains remonte en flèche. C’est la vieille défiance des Français vis-à-vis de l’économie. Là, il y a du travail ! Quel avenir pour elle ? Cela dépasse la compétence d’un modeste éditorialiste économique ! Disons qu’elle se découvre de l’ambition, une rumeur la met sur la liste des premiers ministrables, une autre comme présidente de l’Eurogroupe, le club de la zone euro… A l’Elysée, on ne tarit pas d’éloge sur elle, peut-être, diront les mauvaises langues, parce que c’est là que se décide la politique économique. Mais ce qui est enfin sûr, c’est qu’elle bat, je crois que c’est aujourd’hui – coïncidence oubliée du Financial Times -, le record de longévité à Bercy détenue jusqu’à maintenant par Dominique Strauss-Kahn. Elle dépasse même désormais ses 12 prédécesseurs !**

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