Comme chaque année à cette période, s’ouvre la semaine école-entreprise, qui doit voir les deux univers se parler et de rapprocher. Alors, les relations s’améliorent-elles ?

C’est la 15ème édition de cette opération, dont l’objectif est de faire mieux connaître l’entreprise à l’école. Dans chaque académie, il y aura des visites d’entreprise, des patrons qui parleront de leur métier au collège et au lycée. C’est un levier d’échange, comme le stage de 3ème en entreprise. Est-ce que cela marche ? Il ne faut pas se fier aux apparences parce les apparences ne sont pas bonnes. J’ai regardé hier si cette semaine était évoquée sur le site du ministère de l’Education : pas un mot, rien, nada ! En revanche, c’est à la Une du site du Medef ... Najat Vallaud-Belkacem n’a rien prévu non plus sur son agenda lié à l’opération. Bon, on ne va pas s’arrêter à ce détail : il y a des initiatives de terrain réelles - je le disais. Et, surtout, l’état d’esprit a changé.

Vous voulez dire que les responsables politiques sont plus ouverts à ce que l’on parle de l’entreprise à l’école ?

Exactement. Il y a dix ans (sous un gouvernement de droite), la France avait été le seul pays européen à refuser d’inscrire l’acquisition de l’esprit d’entreprise comme un des objectifs de l’école. Cela sentait le souffre, la peur des syndicats sans doute ! Les choses ont changé. Il y a un an, François Hollande valorisait l’esprit d’entreprendre. Et Najat Vallaud-Belkacem, par une circulaire du 3 octobre, demande aux recteurs de réfléchir aux moyens (je cite) de stimuler l’esprit d’initiative et de développer les compétences pour entreprendre. On notera que le mot entreprise n’y est toujours pas, mais il serait absurde de chipoter.

Ça, c’est le principe ; dans la réalité, c’est plus complexe, non ?

Oui. La réalité, c’est le PIIODMEP. Avec un acronyme pareil, on sent que cela va être difficile ! Le PIIODMEP, c’est le parcours individuel, d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel. Ce parcours est censé s’appliquer à la rentrée 2015 et aider les élèves, de la sixième à la terminale, à s’orienter. Il doit aussi les familiariser avec le monde économique et professionnel. A partir de là, que faire concrètement ? On peut imaginer plus d’échanges, que les problèmes de maths s’appuient de temps en temps, que sais-je, sur des questions économiques. Certains responsables d’entreprise aimeraient que les profs et les futurs profs fassent un stage en entreprise. Sur le contenu, on en saura plus début décembre.

En tous cas, il y a un besoin et une évolution.

Le besoin de jeunes qui, dans dix ans, créeront leur entreprise est phénoménal parce que le numérique va changer tous les métiers, toutes les activités, à un point inimaginable (Amazon n’est que l’an I de cela), et la France a des talents pour cela. Une évolution : les jeunes profs se marient beaucoup moins entre eux que les plus âgés, leur conjoint travaille dans six cas sur dix en entreprise. J’assume la provocation : c’est une chance.

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