Des centaines d’entreprises américaines ont pris la plume pour mettre en garde Donald Trump sur le climat...

Oui, elles sont 400 à avoir publié hier une lettre ouverte au président-élu pour lui demander de respecter les engagements pris par les Etats-Unis au sommet de Paris. La prospérité de l’Amérique sera menacée si nous ne construisons pas une économie économe en hydrocarbures, disent-elles en substance. Ce type de prise de position juste une semaine après une élection est une première. Parmi les signataires : Hewlett Packard, Nike, Hilton, Kellog, Mars, Intel, etc, etc. Bon, évidemment, on n’y trouve pas le pétrolier Exxon -Esso en France. Et quelques entreprises qui avaient soutenu publiquement l’accord de décembre 2015 ont bizarrement disparu de la liste cette fois-ci, comme Coca Cola, Microsoft ou Nestlé. Prudence, prudence ! Cette lettre est intéressante parce qu’elle montre le changement d’état d’esprit non seulement de certains milieux économiques mais surtout de certains milieux américains dans un pays où la question du réchauffement, honnêtement, passionne peu.

Depuis son élection, Donald Trump n’a rien dit sur le climat.

Pendant sa campagne, il avait qualifié le changement climatique de canular … Depuis une semaine, il n’a rien dit, mais ses actes parlent pour lui. Il a annoncé la nomination à la tête de l’agence de protection de l’environnement d’un homme pour qui le réchauffement est, je le cite, positif pour la planète. Et l’entourage de Trump cherche un moyen juridique de ne pas appliquer l’accord de Paris. C’est très problématique parce qu’on a aussi appris hier qu’il ne faut pas s’emballer trop vite sur la disparition des énergies fossiles même si on met le paquet sur les renouvelables, le solaire, l’hydraulique et l’éolien. Les prévisions annuelles de l’Agence internationale de l’énergie montrent que le pétrole, le gaz et le charbon représenteront encore 74% de la consommation d’énergies dans vingt ans même si on respecte les engagements de Paris. La place du charbon et du pétrole reculeront, mais le développement global du monde fait qu’on aura besoin de plus d’énergies. On prévoit 150 millions de voitures électriques dans vingt ans, cent fois plus qu’aujourd’hui, mais cela ne suffira pas. Il faut donc espérer que les prévisions se trompent et que Donald Trump ait une révélation.

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