Ce matin, une interrogation simple et grave : se rapproche-t-on de la fin de l’argent liquide, du cash ?!

Va-t-on bientôt assister à la fin de l'argent liquide ?
Va-t-on bientôt assister à la fin de l'argent liquide ? © Getty / Rohit Prasad / EyeEm

C’est une question qui se pose et à laquelle on a envie de répondre spontanément «oui» après la publication, hier, de données qui montrent que le paiement sans contact a doublé en un an. Il vient de franchir la barre du milliard de transactions depuis janvier. Bon, le paiement sans contact, c’est l’utilisation d’une carte bancaire en magasin sans avoir à taper votre code, il suffit d’approcher votre carte du terminal du commerçant. Depuis le 1er octobre, les règlements jusqu’à 30 euros sont possibles de la sorte - c’était 20 jusqu’à maintenant. Et au-delà, nous sommes nombreux à rarement utiliser des billets et des pièces de monnaie, nous payons par carte ou Internet. Alors, est-ce donc la fin du cash -comme en Suède ou au Danemark, Danemark où les commerçants pourront refuser d’être payés en liquide entre 22 heures et 6 heures à partir du 1er janvier ? Et bien, en réalité, illusion, pour l’instant non, on en est encore loin, très loin. Selon la Banque de France, 68 % des paiements dans le commerce de détail se font encore en liquide en France – et pas seulement pour acheter le pain puisque le cash représente 28 % des transactions en valeur. C’est beaucoup. Et on continue à retirer de plus en plus d’argent des distributeurs. Alors, pourquoi le cash résiste-t-il ?  

Le cash résiste pour trois raisons

  • Un : beaucoup d’acteurs sont en faveur de la disparition du cash. Les banques, à qui les transferts de fonds et la sécurité coûtent cher, et le fisc qui aime bien suivre à la trace l’argent. Mais il est vraisemblable que la carte n’est pas le meilleur instrument pour tuer le cash, paiement avec ou sans contact. Le paiement par téléphone paraît plus prometteur – et il se développe. 
  • La seconde raison est que des commerçants résistent au numérique, qui n’est pas gratuit pour eux, et qu’il y a quand même une réticence dans la population -nous tous- vis-à-vis du tout électronique. Parce que le tout paiement, c’est la fin de la confidentialité. Cette réticence peut être générationnelle, concerner les personnes âgées, mais pas seulement. 
  • La troisième raison tient probablement à la place qu’occupe l’économie au noir, la fraude sociale ou fiscale. L’importance du liquide peut être un témoin de l’importance de l’économie souterraine dans une société et d’une forme de fuite ou de résistance contre l’État -une résistance condamnable bien sûr- mais qui est là.
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