Vous revenez vous aussi sur les primaires socialistes qui, à vos yeux, sont riches de leçons, y compris économiques, pour Nicolas Sarkozy et la droite.

Exactement ! Parce que si ces primaires sont un vrai succès politique, elles ont aussi permis à la gauche d’exprimer ses idées sur les questions économiques et sociales. Et par comparaison, Nicolas Sarkozy et la majorité sont apparus ces derniers mois incroyablement en retrait, silencieux. Tout cela au moment où les craintes se multiplient, où chacun sent que de lourds bouleversements travaillent le monde. On pourrait faire un exercice pour demander aux Français ce qu’ils savent des pistes de la gauche sur les banques, la mondialisation, le chômage, l’école. En fait, ils en savent beaucoup après deux mois de campagne et de débats. Sur l’euro, les retraites, les impôts, les finances publiques, on peut considérer que le PS peut régler les problèmes ou qu’il pousse le bouchon loin, par exemple en faisant croire aux classes moyennes que leurs impôts n’augmenteront pas, (on peut le penser) mais ses idées sont sur la table.

Et, au contraire, la droite est presque absente ?

Oui, et l’explication qui serait que le PS a occupé tout l’espace est courte. C’est vrai qu’il y a eu une extraordinaire empathie des médias pour la primaire. Mais Nicolas Sarkozy a fait le choix curieux, depuis la rentrée, de peu s’exprimer sur la Grèce, l’euro, l’économie, les déficits etc. Angela Merkel parle chaque jour, Barack Obama aussi, Nicolas Sarkozy non. François Fillon, lui, sera ce soir sur France 2, mais c’est rare. Quant à François Baroin (aux finances) ou Valérie Pécresse (au Budget), ils sont si prudents, leurs propos sont si ouatés, qu’ils ne disent pas grand chose. La raison officielle de ce décalage est que le pouvoir serait dans l’action , que ses paroles engagent – c’est vrai -, quand la gauche serait dans la proposition , sans risque. Mais les primaires ont montré quelque chose de neuf : une soif de parole et pas épisodique. Nicolas Sarkozy participera bientôt à une émission, après le conseil européen. Savez-vous à quand remonte la dernière ? … Février ! Et la dernière conférence de presse ? Juin.

Bon, le vrai débat va commencer …

La vraie confrontation entre des idées différentes et non pas proches va démarrer. Les socialistes ont dit ce qu’ils avaient en tête. Je crois que le chef de l’Etat, le gouvernement, l’UMP auraient tort de s’en tenir à la défense d’un bilan ou à la démolition du projet du PS. Ils ont intérêt à ce que la phase des idées nouvelles démarre maintenant, pas en janvier ou février.

Pour finir, il paraît que vous avez fait cette nuit un rêve ?

Oui ! Que nous, les médias, nous consacrions un peu moins de temps, d’énergie, d’intérêt, à la façon dont les politiques prennent le pouvoir, et un peu plus à ce qu’ils font du pouvoir quand ils l’ont. En profondeur. Un rééquilibrage serait nécessaire. Je l’ai rêvé, .... mais, ensuite, je me suis réveillé !

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