Ce matin, vous allez nous inquiéter avec une question : et si un krach financier arrivait demain ?

C’est ce que j’appelle- un édito parapluie -on reste dans le registre des images après la cordée de Thomas Legrand. Un édito parapluie, c’est un édito alarmiste sans échéance précise qui permet de dire, si les événements que l’on évoque surviennent, « je vous l’avais bien dit ». Après-demain, le 19 octobre, ce sera le trentième anniversaire du krach de 1987, quand Wall Street avait chuté de 22% en une seule journée. Eh bien, la situation des Bourses mondiales donne le frisson aujourd’hui encore. Wall Street en est à son 11ème mois de hausse de suite, ce n’était pas arrivé depuis 1959. Les Etats-Unis en sont à leur 100ème mois de croissance d’affilé, c’est la 3ème fois que l’on voit cela depuis 1854. Et dans le monde entier, les marchés financiers battent des records, y compris Paris avec le même indicateur ajusté. Wall Street n’a été aussi cher qu’à deux reprises : à la veille du krach de 1929 et à la veille de l’éclatement de la bulle Internet il y a 15 ans. Cela fait peur. Pourquoi toutes ces altitudes ? Parce qu’il y a beaucoup d’argent sur la planète en raison de la politique à taux quasi-zéro des banques centrales depuis 2007 qui a poussé les agents économiques à s’endetter. L’endettement global atteint 135.000 milliards de dollars. Et la Chine est au premier rang. 

Alors, ces bulles vont-elles éclater demain ? 

Des bulles éclateront un jour - mais où, quand, comment, personne ne sait. L’histoire économique est jalonnée de ces événements, les tulipes hollandaises, les trains, les canaux au XIXème, rien de nouveau. Mais est-ce pour bientôt ? Après tout, les marchés ne se sont pas inquiétés du ralentissement chinois, des tirs nord-coréens et ils parient sur Trump et sa politique expansive (qui ne vient pas). La bonne nouvelle est que les crises boursières n’annoncent pas toujours des crises économiques. La mauvaise est que l’endettement du monde est vraiment inquiétant parce que toutes les dettes ne seront pas remboursées. Donc, oui, au total, on n’a jamais été aussi près du prochain krach, mais de la même façon qu’on a jamais été aussi près du prochain hiver. Voilà, le parapluie a été ouvert et naturellement on n’a pas envie de voir les premières gouttes.

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