**Les dirigeants européens dînent ensemble ce soir à Bruxelles pour préparer le G 20 de la semaine prochaine.Le G 20 qui aura lieu en Pennsylvanie, à Pittsburgh, ville, c’est intéressant de s’en souvenir, où les Anglais ont battu les Français à l’usure, pendant la guerre de 7 ans au 18ème siècle. Faut-il y voir un signe ? A priori et sauf clash surprise, les 27 décideront ce soir de présenter une position commune musclée face aux autres pays du G 20, notamment les Etats-Unis. Mais la question est de savoir si, la semaine prochaine, ils obtiendront satisfaction ou s’ils devront s’aligner malgré eux sur les positions anglo-saxonnes d’Outre-Atlantique. En apparence, tous les Européens sont d’accord pour être ambitieux, notamment sur les bonus des banquiers, devenus le nouvel enjeu de ces dernières semaines. Mais ils savent bien en réalité qu’ils n’auront pas le plafonnement souhaité, dont Barack Obama ne veut pas, et qu’ils montrent leurs muscles pour obtenir des engagements sur d’autres sujets. Lesquels ?C’est le point central. Des convergences sont quasi-certaines, ce soir comme à Pittsburg, sur des points importants pour la finance, la comptabilité, la titrisation, les hedge-funds, le renforcement des fonds propres des banques, une proposition américaine que les Européens vont nolens volens accepter. Mais tout le monde sait aussi que cela n’est pas parlant pour l’opinion mondiale et surtout européenne qui se dit : il ne s’est pas passé grand-chose de concret depuis le G 20 de Londres en avril. Et c’est vrai : l’économie repart un peu, les marchés financiers débouchent le champagne, mais les réformes simples à comprendre et visibles ne sautent pas aux yeux. Les dirigeants européens se creusent donc la cervelle pour chercher la mesure phare que les opinions pourraient mémoriser comme signe de changement. Les bonus, on l’a vu, cela va être difficile. La France rêve du coup d’interdire aux banques d’avoir des activités dans les paradis fiscaux. Elle rêve aussi d’une taxe Kouchner sur les transactions financières pour l’aide au développement, ou encore, d’offrir à la Chine, au Brésil et à d’autres la place promise dans les instances internationales comme le FMI. Mais ce n’est pas gagné. Nicolas Sarkozy joue-t-il un rôle clé ?Il faut reconnaître qu’il se démène et qu’il ne renonce pas, même si chaque jour qui éloigne de la catastrophe de l’an dernier rend les choses plus difficiles. Il a vu Angela Merkel, qui a un intérêt objectif à travailler avec lui et à obtenir du concret avant ses élections législatives dans dix jours. Nicolas Sarkozy a vu Gordon Brown, avec lequel il a appelé Barack Obama mardi soir, et il a eu toutes les capitales au téléphone. Il est à tu et à toi avec le brésilien Lula et se fait le porte-parole de l’Inde. Bref, il n’est plus le président de l’Union mais agit comme si. Et en France, il consulte…Il a déjeuné aussi avec Valéry Giscard d’Estaing, Lionel Jospin et, hier, Jacques Delors. Ce dernier lui aurait donné deux conseils. Un : parler à l’opinion allemande pour arrimer encore plus les deux pays, l’Elysée réfléchit d’ailleurs à des initiatives fortes pour commémorer les dix ans de la chute du Mur. Et second conseil de Delors : … se méfier des Anglais !**

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