Retour sur le discours de politique générale de Manuel Valls, sous le titre : rien de moins, rien de plus.

C’est le sentiment après ce discours très politique destiné à passer l’obstacle du vote de confiance. Le premier ministre n’a rien enlevé à ses discours précédents, il ne s’est pas renié ; mais il n’a pas non plus ouvert de nouveaux chantiers, il n’a pas fait d’annonces – ce qui est un cas rare pour ce genre de prise de parole. La tactique politique teintait chacun des mots utilisés : devant le Medef, Manuel Valls avait lancé fin août : moi, j’aime l’entreprise ; devant les députés socialistes hier, il a ajouté : moi, j’aime l’Etat ! « Je crois à la main visible de l’Etat », a-t-il dit précisément, en référence évidente à la formule d’Adam Smith, le théoricien du libéralisme sur la « main invisible du marché ». Bon, cela c’est de l’exercice oratoire. Mais sur le fond, il n’a pas retiré une virgule à l’analyse qu’il développe depuis qu’il est à Matignon. Je le cite : la principale faiblesse de notre économie, c’est la perte de compétitivité de nos entreprises. La principale faiblesse, cela veut dire que notre problème, ce n’est pas principalement l’Allemagne ou la politique monétaire de la banque centrale européenne – cela compte aussi, c’est vrai, mais ce n’est pas l’essentiel. Au total, donc, il ne renie rien. Il n’avale pas son chapeau non plus sur les économies à faire dans les dépenses publiques. Cela étant, on conviendra que le chapeau est facile à garder sur la tête ou à la main puisqu’on ne sait presque rien de ces économies et que la mauvaise nouvelle sur les comptes publics a été annoncée la semaine dernière : le déficit remonte pour la première fois depuis 2009. Et la dette publique, elle, s’approche des 100% du PIB.

Manuel Valls ne s’est pas renié, mais il n’a rien ajouté non plus hier : rien de moins, rien de plus…

Pas de dossiers supplémentaires sur son bureau. C’est quand même la question de l’automne et de 2015. Le Pacte de responsabilité a été voté, mais maintenant, que se passe-t-il de plus ? Quelles réformes ? Le premier ministre nous dit que le niveau des impôts est insupportable (le mot est fort), mais il le restera – si on comprend bien – pour 10 millions de ménages, ceux qui ne sont pas concernés par la baisse annoncée hier. Côté entreprises, comme chantiers prévus cet automne, il y a les seuils sociaux, devenus un enjeu symbolique fort de la complexité décourageante. Quoi encore ? Une disposition sur le travail du dimanche dans les commerces des zones touristique. Ce sera, comme la devenue hypothétique révision des professions réglementées, à l’ordre du jour de la loi Macron sur la croissance. Mais est-ce tout ? C’est la déception d’hier, parce que ce qui manque à l’agenda des réformes, c’est ce qui ferait dire aux Français et aux acteurs économiques : voilà, là, il se passe vraiment quelque chose.

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