Ce matin, vous adressez un message à notre invité de 8h20, le Prix Nobel d’économie Jean Tirole.

Le message est simple : exprimez-vous, Jean Tirole ! N’hésitez pas à entrer dans les débats de notre pays – et évidemment pour commencer à répondre franchement aux questions de Patrick Cohen. Au moment de son Prix Nobel, il y a bientôt un an, il a accepté de répondre à toutes les sollicitations des médias, innombrables et sur tous les sujets du moment ; depuis, il a réalisé que sa parole doit être plus rare pour être entendue. Il a raison. Avec le Nobel, il a été propulsé dans la lumière, comme avant lui deux Français seulement en économie : Gérard Debreu en 1983 et Maurice Allais en 1988. Cela l'embarrasse peut-être, mais cela lui donne, disons-le, une responsabilité et une opportunité. La responsabilité, c’est qu'il est bon que les Français et les Européens puissent entendre d’autres voix de Nobel que celles des Américains que l’on entend tout le temps, comme Joseph Stiglitz ou Paul Krugman. Leur talent est reconnu, mais ils voient l’Europe, quand ils en parlent, parfois d’assez loin et de haut. Ici, nous ne manquons pas d’économistes, Thomas Piketty, plébiscité par les lecteurs, Daniel Cohen, Patrick Artus, d’autres encore, mais celle d’un Nobel est par définition plus rare. Son titre lui ouvre aussi une opportunité, celle de parler de sujets d’entreprise. Sans doute se dit-il qu’à la différence de tous ceux qui viennent d’être cités, ses travaux portent sur des domaines plus spécialisés que la politique économique en général. Il aurait tort, ne serait-ce que parce qu'il dirige l’École d’économie de Toulouse. Il est attendu sur la COP21, le prix du carbone, le marché du travail, les impôts. Mais on manque aussi d’économistes connus qui scrutent les questions micro-économiques, l'ubérisation de l'économie, l'économie collaborative, l'énergie, etc.

Où situer Jean Tirole, est-ce une voix plus libérale que la majorité des économistes français ?

En France, il peut être perçu comme plus libéral que d’autres, il défend l'économie de marché ; dans le monde anglo-saxon, il est perçu de gauche puisqu’il défend des régulations et des supervisions. Libéral ? Libéral-social ? C'est d'abord un réformiste. On verra tout à l'heure.

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